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Mercato : Florentin Pogba va rejoindre le FC Sochaux

En fin une bonne nouvelle pour le défenseur guinéen Florentin Pogba. Au chômage depuis son départ d’Atlanta United, l’international guinéen va retrouver un point de chute. Ce lundi le FC Sochaux a annoncé sur son site officiel l’arrivée du joueur après avoir satisfait à la visite médicale.

« Florentin Pogba va rejoindre le FCSM ! Le défenseur international guinéen de 29 ans s’engagera officiellement après avoir satisfait à la visite médicale d’usage. Il a notamment disputé 99 matches avec l’AS Saint-Etienne ». Peut-on lire sur le site du FCSM.

Âgé de 29 ans, Florentin Pogba va connaître son troisième club en France après sedan et l’AS Saint Etienne avec lequel il a disputé 99 matches.

Covid-19 : 127 nouveaux cas et 2 décès en Guinée

La pandémie de Covid-19 monte en flèche en Guinée. Pas plus tard qu’hier le président de la République a prorogé les mesures d’urgence jusqu’au 15 juin. Malgré cela la maladie de coronavirus gagne du terrain. Ce vendredi 16 mai, 127 nouveaux cas au covid-19 ont été confirmés suite à des tests effectués sur un groupe de 726 personnes.

A ce jour, le pays compte 2658 cas cumul confirmé, 1133 cumuls guéris et 16 cumuls décès.

URTELGUI/Réduction des redevances annuelles des radios et télés privées de Guinée : Communiqué de presse

Communiqué de presse de l’URTELGUI, annonçant la réduction des redevances annuelles des radios et télés privées de Guinée

Le Bureau exécutif de l’Union des radiodiffusions et télévisions libres de Guinée (URTELGUI), est heureux d’annoncer à la famille de l’audiovisuel privé guinéen, ainsi qu’à l’ensemble de la presse de notre pays, la réduction des redevances annuelles payées à l’ARPT (Autorité de régulation des postes et télécommunications).

Cette décision du Gouvernement guinéen a fait l’objet d’un Arrêté conjoint signé le 12 mai 2020, par le ministre des Postes et télécommunications et de l’économie numérique et le ministre de l’Economie et des finances, MM. Moustapha Mamy Diaby et Mamadi Camara.

A travers cet arrêté, les redevances annuelles des stations de radios et télévisions privées ont connu une réduction dans les proportions suivantes :

  • Station de Radiodiffusion Communautaire : de 10 000 000 GNF à 5 000 000 GNF
  • Station de Radiodiffusion Commerciale : de 20 000 000 GNF à 7 500 000 GNF
  • Station de Télévision Communautaire : de 50 000 000 GNF à 15 000 000 GNF
  • Station de Télévision Commerciale : de 50 000 000 GNF à 15 000 000 GNF

L’URTELGUI se félicite de cette décision importante, qui est le fruit de plusieurs années de plaidoyer du Bureau exécutif auprès des autorités guinéennes.

Le Bureau exécutif de l’Union des radiodiffusions et télévisions libres de Guinée, remercie le Gouvernement guinéen, et particulièrement le ministre de l’Economie et des finances M. Mamadi Camara, pour avoir prêté une oreille attentive à cette préoccupation de l’audiovisuel privé de notre pays.

Par ailleurs, l’URTELGUI, tout en remerciant le Président de la République pour sa sensibilité à la question de la réduction des redevances annuelles, sait aussi compter sur sa bonne compréhension en vue de l’annulation des arriérés de redevances de l’ensemble des radios et télévisions privées. En effet, cette doléance de l’URTELGUI s’inscrit dans le cadre des mesures d’atténuation des conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 sur les activités des entreprises de presse audiovisuelle en Guinée.

Conakry, 15 mai 2020

 Le Bureau exécutif

Reprise de la Bundesliga : Dortmund s’impose face à son rival Schalke dans le derby de la Ruhr

Dans une ambiance particulière – sans spectateurs et avec des mesures sanitaires drastiques -, le championnat d’Allemagne de football a redémarré, ce samedi. Dortmund n’a pas traîné pour se mettre en évidence lors de cette 26e journée, avec un large succès (4-0) contre son voisin Schalke.

|Le football a repris ses droits, ce samedi, en Allemagne. Et le Borussia Dortmund n’a pas manqué sa rentrée, profitant de la venue de Schalke 04 pour mettre la pression sans attendre sur le leader munichois.

Dans le derby de la Ruhr, hautement symbolique pour ce match de reprise après 63 jours d’arrêt en raison de la pandémie de Covid-19, à laquelle l’Allemagne a mieux résisté que ses voisins français, espagnol, italien ou britannique, Dortmund a balayé son voisin (4-0).

L’inévitable Erling Haaland a été le premier à scorer dans cette 26e journée de Bundesliga, lançant l’équipe de Lucien Favre vers une victoire tranquille.

Dans les autres matches de 15h30, deux victoires sont à signaler, celle du Hertha Berlin sur la pelouse d’Hoffenheim (3-0) et celle de Wolfsbourg à Augsbourg (2-1).

Le Bayern Munich, qui voit Dortmund revenir à un point, aura l’occasion de reprendre ses distances dimanche en cas de victoire sur la pelouse de l’Union Berlin.

Les résultats de la 26e journée

Samedi 16 mai

(15h30)
Borussia Dortmund – Schalke 04 : 4-0
RB Leipzig – SC Fribourg : 1-1
TSG Hoffenheim – Hertha Berlin : 0-3
Fortuna Düsseldorf – SC Paderborn : 0 -0
FC Augsbourg – VfL Wolfsburg : 1-2
(18h30)
Eintracht Francfort – Borussia Mönchengladbach
 

Dimanche 17 mai

((15h30)
1. FC Cologne – FSV Mayence
(18h) Union Berlin – Bayern Munich
 

Lundi 18 mai

(20h30)
Werder Bremen – Bayer Leverkusen

Coronavirus: l’Afrique face à la pandémie le samedi 16 mai

Selon les chiffres du Centre de prévention des maladies de l’Union africaine (CDC), le continent africain comptait ce samedi 16 mai 78 613 cas confirmés de Covid-19 et 2 642 décès dus à la maladie. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché, devant l’Égypte et le Maroc.

  • Le Niger se déconfine…

Le déconfinement a débuté dans certains pays du continent. Au Niger, après la réouverture des lieux de culte mardi, le gouvernement a décidé de lever la mesure d’isolement. « Compte tenu de l’amélioration de la situation de la pandémie du Covid-19, le Conseil des ministres a décidé de la levée d’isolement de Niamey et conséquemment la libération des activités de transport interurbain de passagers », selon le texte.

« En cas de détérioration de la situation, le gouvernement se réserve le droit de reconsidérer ces décisions », prévient le gouvernement. Les écoles rouvriront elles, le 1er juin a indiqué le gouvernement. Le Niger a connu 51 décès depuis le début de l’épidémie pour 885 cas.

  • …le Congo-Brazzaville aussi

Au Congo-Brazzaville, le Premier ministre Clément Mouamba a dévoilé ce samedi 16 mai le plan gouvernemental du déconfinement par paliers. Le Congo a ainsi été divisé en deux zones. À Brazzaville et Pointe-Noire, les deux principales villes du pays et qui représentent la première zone en raison de leur forte prévalence, la libre-circulation va intervenir à partir du lundi 18 mai.

Ces deux cités restent coupées du reste du pays ; le couvre-feu demeure en vigueur et l’école pour les élèves des classes dites d’examens reprendra à partir du 1er juin.

Le Premier ministre congolais précise les mesures dorénavant appliquées à Brazzaville et Pointe-Noire : « Premièrement, la rupture du travail aux heures aménagées par les employeurs, sans enfreindre le couvre-feu pour les activités non indispensables. Deuxièmement, la suppression des autorisations et des attestations de déplacement dérogatoires, ainsi que des laissez-passers pour les véhicules personnels. Troisièmement, la libre circulation des véhicules personnels ne transportant pas plus de quatre personnes. Quatrièmement, la reprise des transports en commun intra-urbains, la reprise des transports aériens des passagers entre Brazzaville et Pointe-Noire, est différée à une date ultérieure. »

  • Le Kenya ferme ses frontières avec la Tanzanie et la Somalie

Le président kényan Uhuru Kenyatta a annoncé ce samedi la fermeture des frontières terrestres avec la Tanzanie et la Somalie et prolongé les principales mesures mises en place dans le pays pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, dans une adresse télévisée à la Nation.

« Si nous ne prenons pas de mesures supplémentaires et si nous ne respectons pas plus sérieusement celles déjà en vigueur, le nombre de personnes qui tomberont malades et qui mourront augmentera fortement », a-t-il averti.

L’interruption de tous les mouvements de personnes ou de véhicules, hormis de marchandises, « entrera en vigueur ce jour à minuit » aux frontières avec la Somalie et la Tanzanie, a déclaré le président kényan.

 « Parmi les cas positifs enregistrés cette semaine dans le pays, 43 avaient récemment traversé la frontière avec la Somalie ou la Tanzanie », soit près d’un quart des 166 cas enregistrés sur la même période, a justifié le président kényan.

Le président Kenyatta a également annoncé la prolongation jusqu’au 6 juin du couvre-feu nocturne national (19 h à 05 h) et de l’interdiction de rentrer ou de sortir de la métropole de Nairobi et des comtés de Mombasa, Kilifi, Kwale et Mandera. À ce jour, le Kenya a recensé 830 cas positifs, dont 50 décès et 301 guérisons.

  • Au Burundi, les médecins de l’OMS ont quitté le pays

Les quatre fonctionnaires de l’OMS, déclarés persona non grata par le gouvernement et sommés de quitter le pays avant vendredi, ont finalement quitté Bujumbura ce samedi en début d’après-midi, selon des sources aéroportuaires.

Ils ont pris place à bord d’un avion affrété spécialement par la Monusco, et dont la destination finale est Entebbe en Ouganda, selon une source de la Mission de l’ONU en RDC.

Gitega a décidé d’expulser les quatre fonctionnaires de l’OMS au Burundi dont le représentant et toute l’équipe de la riposte contre le Covid-19, alors que le pays est accusé de cacher ces cas positifs à quelques jours du triple scrutin de mercredi, dont une élection présidentielle.

  • Idriss Déby reprend la main sur la gestion de la crise

Vivement critiqué pour sa gestion de la crise, le Comité de veille sécuritaire et sanitaire en charge de la lutte contre le coronavirus a été dissous vendredi au Parlement tchadien.

Une nouvelle structure, plus légère et directement sous l’autorité du président de la République, Idriss Déby, a été mise en place. Le Comité gestion de crise sanitaire (CGCS) a notamment pour mission de définir et mettre en œuvre la stratégie de gestion nationale de la pandémie de Covid-19. Sur 488 cas déclarés officiellement, 48 personnes sont décédées.

  • Un jeune tué en Angola par un soldat

Un adolescent a été tué à Luanda par un soldat qui faisait appliquer les mesures restrictives prises pour tenter d’enrayer l’épidémie de coronavirus en Angola, a annoncé samedi le ministère de l’Intérieur.

Le garçon de 17 ans a été « la victime d’un coup de feu » tiré par un soldat alors qu’il manifestait « prétendument » contre l’armée chargée de faire appliquer le port du masque et le couvre-feu imposés dans la capitale angolaise, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le ministère considère ce tir mortel du soldat comme « un homicide » et a ouvert une enquête. L’Angola a à ce jour officiellement recensé 48 cas de coronavirus, dont deux mortels.

  • Une application pour lutter contre le virus au Burkina Faso

Le ministère de la Santé vient de lancer un outil numérique dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Il s’agit d’une plateforme de renseignement sur la gestion, la prévention, le diagnostic et un suivi en temps réel de la propagation de la maladie à coronavirus à travers WhatsApp et Facebook.

Cette collecte de données servira à alimenter un tableau de bord et une cartographie de la pandémie au Burkina Faso. Selon la ministre de la Santé, cette plateforme, qui regroupe quatre solutions numériques, servira à rompre la chaine de transmission du coronavirus.

Le «financier» présumé du génocide au Rwanda arrêté près de Paris

Félicien Kabuga, considéré comme le « financier » du génocide au Rwanda qui fit au moins 800 000 morts en 1994 d’après l’ONU, a été arrêté dans la matinée de ce samedi 16 mai près de Paris. Le parquet général indique qu’il résidait à Asnières-sur-Seine sous une fausse identité.

À l’issue d’une opération menée dès l’aube du samedi 16 mai en banlieue parisienne, Félicien Kabuga, 84 ans, a été arrêté. Son arrestation est le fruit d’une longue enquête, selon le parquet de Paris. Une enquête menée par l’Office français central de lutte contre les crimes contre l’humanité en collaboration avec la police fédérale belge et la police londonienne.

L’homme d’affaires, considéré comme le « financier » du génocide mené au Rwanda contre les Tutsis en 1994 et dans lequel au moins 800 000 personnes ont perdu la vie selon les chiffres des Nations unies, était activement recherché par la justice internationale depuis 25 ans. Les États-Unis avaient même promis une récompense pouvant aller jusqu’à cinq millions de dollars pour sa capture.

« Il résidait sous une fausse identité dans un appartement d’Asnières-sur-Seine, grâce à une mécanique bien rodée et avec la complicité de ses enfants », indique le parquet général de Paris dans un communiqué.

Président de la funeste Radio des Mille Collines

L’homme d’affaires est considéré comme l’architecte financier du génocide. Proche du pouvoir, il était membre de l’Akazu, un cercle d’hommes influents dirigé par la femme de l’ex-président rwandais, Agathe Habyarimana. Félicien Kabuga est accusé d’avoir formé des milices responsables de massacres au Rwanda : les milices Interahamwe.

Il présidait la Radio télévision libre des Mille-Collines (RTLM), qui diffusa des appels aux meurtres des Tutsi, et le Fonds de défense nationale (FDN) qui collectait « des fonds » destinés à financer la logistique et les armes des miliciens hutu Interahamwe, selon l’acte d’accusation du TPIR.

« Un signe très important »

Après cette arrestation, Serge Brammertz, le procureur du Mécanisme international de La Haye a rapidement réagi en rappelant que toutes les personnes suspectées d’avoir eu un rôle dans ce génocide devront être jugées.

Human Rights Watch salue avec l’arrestation de Félicien Kabuga « un pas important vers la justice pour des centaines de milliers de victimes du génocide ». Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme cette arrestation montre que les survivants « peuvent espérer voir de la justice même 26 ans après les faits, et que les suspects ne peuvent espérer échapper à leurs responsabilités ».

Jean Damascène Bizimana, secrétaire exécutif de la Commission nationale de lutte contre le génocide, salue cette arrestation, ainsi que la coopération des autorités françaises :

« C’est une réaction de satisfaction. Parce que je sais que Félicien Kabuga est  l’un des principaux meneurs du génocide commis contre les Tutsis. Et vu qu’il est arrêté pendant la période des 100 jours de commémoration du génocide commis contre les Tutsis, vingt-six ans après les faits, c’est pour nous un moment de satisfaction qui montre que le génocide est un crime imprescriptible. C’est un pas que nous saluons pour l’honneur et la mémoire des victimes. Nous saluons aussi le fait que la France a été coopérative, la police française et les institutions qui étaient chargées de sa poursuite. »

 « C’est un signe très important, même si nous avons attendu longtemps, assure de son côté le président d’Ibuka, la principale association de rescapés. Cela montre que la justice fonctionne et que la France commence à faire des efforts significatifs pour faciliter de telles arrestations. »

Des questions sur sa cavale

Le bureau du procureur assure en tout cas dans un tweet que le Rwanda va continuer à collaborer avec le mécanisme pour les tribunaux internationaux, qui a pris la suite du Tribunal pénal international pour le Rwanda, afin que justice soit rendue.

The National Public Prosecution Authority welcomes the arrest of genocide fugitive Félicien Kabuga in France. Rwanda will continue to collaborate with the @UNIRMCT to ensure that justice is delivered. pic.twitter.com/fMSLlWqPFE

  Rwanda Prosecution (@ProsecutionRw) May 16, 2020

Sur Twitter, des questions sont aussi posées également. Yolande Makolo conseillère du président Paul Kagamé, demande comment a-t-il pu se cacher aussi bien et pendant si longtemps. Nous le saurons peut-être maintenant. Tandis que certains internautes pointent du doigt un lien privilégié entre la France et les anciens génocidaires. Pas encore de réactions officielles, en tout cas, que ce soit du côté de la présidence ou des différents ministères.

RFI

L’État d’urgence peu modifiés, « le couvre-feu passe de 22 à 5h du matin à Conakry ». (Voici l’intégralité de l’adresse à la Nation du président)

Le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, a dans son adresse à la nation de ce vendredi sur les ondes des médias d’Etat, annoncé un allègement des mesures, qui consiste à endiguer cette pandémie du covid-19.

Dans son son discours, il dira ceci, « L’Etat d’urgence est reconduit pour un mois à compter d’aujourd’hui. Le couvre-feu passe de 22H à 5H du matin (pour Conakry). Les interdictions de regroupements au-delà de 20 personnes passent à 100 personnes… » A énoncé le président Condé.

A précisé que, les mesures d’urgences sanitaires va se poursuivre jusqu’au 15 juin prochain.  

 »L’intégralité de l’adresse à la Nation du président Condé »

Conakry, 15 mai 2020 – Guinéennes, Guinéens, mes chers compatriotes,

Je viens devant vous pour faire le point de notre combat commun contre le COVID-19, à l’instar des autres pays du monde confrontés à cette pandémie.

Depuis l’apparition du premier cas de coronavirus, le 16 mars dernier, le Gouvernement et les populations guinéennes se sont investis dans un plan de riposte pour endiguer cette épidémie.

Les premières mesures d’urgence ont été prises, suivies de la déclaration de l’état d’urgence le 26 mars 2020 et accompagnée de nouvelles mesures sanitaires.

Ces mesures ont été amendées le 14 avril 2020, avec notamment la fermeture des écoles, des universités, des bars et des lieux de culte sur l’ensemble du territoire national.

Le port du masque a été rendu obligatoire. J’ai moi-même fait confectionner deux millions de masques réutilisables, par nos couturières et couturiers qui sont en cours de distribution gratuite.

A date, nous avons 11.100 personnes testées, nous dénombrons 2.531 cas positifs soit 23 %, 1.094 guéris et déplorons le décès de 15 patients.

Notre politique actuelle est de procéder à un dépistage massif, afin d’isoler tous les cas positifs éventuels et en même temps éviter qu’ils ne contaminent les personnes ayants d’autres maladies graves ainsi que les vielles personnes et les femmes enceintes. 

Ces chiffres confirment que le combat n’est pas encore gagné et que nous devons redoubler d’efforts et de vigilance.

Cependant, il est important de souligner qu’en terme de résultat, nous pouvons être fiers du travail accompli ensemble puisque la Guinée aujourd’hui enregistre l’un des plus faible taux de décès de toute la sous-région et un des plus bas au monde avec un chiffre de 0,59% de victimes par rapport au nombre de cas infectés, quand cette triste moyenne s’élève à 6,77 au plan mondial.

C’est le lieu pour moi de présenter toute ma compassion et mes plus sincères condoléances aux familles endeuillées et de souhaiter un prompt rétablissement aux malades.

Je renouvelle mes encouragements à tous les intervenants dans la riposte que sont : le personnel soignant, l’ANSS, les forces de sécurité, les partenaires techniques et financiers, les ONG et organisations de la société civile, les entreprises publiques et privées, ainsi que toutes les personnes ressources.

Je rends également hommage aux braves populations qui consentent d’importants sacrifices dictés par les impératifs sanitaires actuels.

Chers compatriotes,

Nous constatons ainsi que l’épidémie est toujours en progression dans notre pays, avec pour épicentre la ville de Conakry.

A cet effet, les dispositions ont été renforcées pour rompre la chaîne de contamination et garantir une meilleure prise en charge des patients. Aujourd’hui, six centres de traitement épidémiologique sont opérationnels : Donka, Nongo, Camp Alpha Yaya Diallo, Matam, Kindia et la Maison centrale de Conakry. Et Gbéssia qui sera  fonctionnel ce week-end.

D’autre part, nous attendons incessamment l’arrivée d’une assistance médicale Cubaine.

La capacité de test des laboratoires, aujourd’hui de 350 par jour, sera sensiblement améliorée avec des moyens garantissant 1000 tests par jour, grâce à de nouveaux appareils attendus cette semaine.

Le Conseil Scientifique de Riposte (CSR), mis en place au mois d’avril dernier, contribue déjà, par des avis motivés, à orienter efficacement les décisions du Gouvernement.

Guinéennes, Guinéens,

L’acuité du combat contre la pandémie nous amène à des choix difficiles au regard des contraintes qui pèsent sur la vie sociale et économique.

Comment concilier la conduite du combat sanitaire avec l’exigence de la préservation de la liberté des citoyens et de la poursuite des activités économiques ? C’est le dilemme qui se pose aujourd’hui à tous les Etats du monde.

Après consultation des différents acteurs de la riposte contre la maladie à coronavirus, j’ai décidé des nouvelles mesures ci-après :

•        L’état d’urgence est reconduit pour une durée d’un mois à compter de ce jour ;

•        Le couvre-feu passe de 22 heures à 05 heures du matin pour la zone du Grand Conakry (Conakry, Coyah et Dubréka) et il est levé entièrement pour l’Intérieur du pays, à compter de ce jour ;

•        En dehors des lieux autorisés, la mesure relative au rassemblement des personnes à l’Intérieur du pays est allégée avec les regroupements passant de 20 à 30 personnes au maximum, à compter de ce jour ;

•        Bien entendu ces mesures d’exception seront ajustés si nécessaires.

Les autres dispositions relatives à l’état d’urgence sanitaire restent en vigueur.

Par ailleurs, j’instruis le Gouvernement à suivre attentivement l’impact de la crise sanitaire sur la vie économique et sociale. Il est impératif d’élargir et de renforcer le soutien aux populations et aux secteurs économiques sinistrés.

Par exemple dans le secteur agricole, nos concitoyens qui ont subi d’importantes pertes dans les filières de l’anacarde, l’ananas et des pommes de terre doivent être soutenus.

Je suis profondément sensible aux conditions difficiles dues au COVID-19 dans lesquelles vivent certains de nos compatriotes à l’Etranger, qu’il s’agisse des résidents, des étudiants ou de ceux qui y sont bloqués à la suite de la fermeture des frontières.

A ce propos, j’ai instruit le Gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires et utiles en vue d’apporter une assistance financière et exprimer notre solidarité aux familles des victimes guinéennes du coronavirus à l’Etranger, ainsi qu’à la poursuite des opérations de rapatriement volontaire de nos compatriotes, à travers des vols humanitaires.

Toutefois, ces opérations de rapatriement doivent obéir à des critères stricts afin de préserver la sécurité sanitaire de l’ensemble des populations. 

Chers compatriotes,

Nous avons été malheureusement endeuillés par des pertes en vies humaines, le 12 mai dernier à Coyah, Dubréka et Kamsar.

Ces évènements douloureux posent une fois de plus la question de la violence lors des mouvements sociaux et politiques dans notre pays.

J’exhorte la Justice à faire la lumière sur ces faits graves et à en tirer toutes les conséquences judiciaires.

J’en appelle à la discipline et à l’esprit civique de tous les citoyens. Chacun doit comprendre que les restrictions d’aujourd’hui sont dictées par les exigences de santé publique.

Nous devons les accepter et les respecter pour vaincre la pandémie et permettre une sortie rapide de cette crise.

Les forces de sécurité sont chargées de garantir l’observation stricte de ces instructions dans la discipline et le respect de la loi.

Guinéennes, Guinéens,

J’ai confiance en la capacité de notre peuple à surmonter cette épreuve. Nous y parviendrons dans la solidarité et la cohésion nationale.

Selon le Fmi, la Guinée fait partie des 5 pays qui s’en sortiront au mieux en 2021. Mais cela suppose que nous renforcions notre agriculture et notre agrobusiness. Nous devons donc tout mettre en œuvre pour qu’en aucun cas cette maladie n’atteigne les régions de l’Intérieur qui sont les zones de production, parce que  nous devons nourrir notre population. Cette maladie nous cause beaucoup de préjudices graves mais ce qui l’est encore plus, ce sont les conséquences économiques et sociales qui peuvent entrainer un appauvrissement grave. C’est pourquoi tout le monde doit accepter ces mesures qui sont dures mais qui sont les seuls moyens de nous en sortir, de faire progresser notre économie et de faire réduire la pauvreté.

Je vous remercie !

Des violences meurtrières de coyah, Dubréka et Kamsar: Alpha Condé appelle les citoyens à la retenue et à la discipline sociale

Alpha Condé, président de la République de Guinée, s’est adressé ce vendredi à la Nation. Une sotie au cours de laquelle il a fait mention sur les cas de violences dans villes dont entre autres, Kamsar, Dubréka et Coyah. Des violences au cours desquelles, 7 morts ont été enregistrés et plusieurs blessés. Les citoyens des villes de Dubréka manifestaient contre les nouveaux barrages érigés dans leurs localités et ceu de Kamsar revendiquaient le manque d’électricité dans certains quartiers de la ville.

 il ( Alpha Condé Ndlr) à appeler les citoyens à la retenue et à la discipline sociale.

« Nous avons été malheureusement endeuillés par des pertes en vies humaines, le 12 mai dernier à Coyah, Dubréka et Kamsar. Ces évènements douloureux posent une fois de plus la question de la violence lors des mouvements sociaux et politiques dans notre pays. J’exhorte la Justice à faire la lumière sur ces faits graves et à en tirer toutes les conséquences judiciaires », a-t-il fait savoir.

Et de rajouter, «Chacun doit comprendre que les restrictions d’aujourd’hui sont dictées par les exigences de santé publique. Nous devons les accepter et les respecter pour vaincre la pandémie et permettre une sortie rapide de cette crise ».

Médias : une forte réduction des redevances annuelles des radios et télés privées en Guinée

70% de baisse sur les redevances annuelles des médias audiovisuels privés guinéens. L’annonce a été faite ce vendredi par le président de L’union des Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI).

 Les radios privées commerciales payeront désormais sept millions cinq mille francs guinéens (7.500.000 GNF) au lieu de 20.000.000 francs Guinéens.

Cette réduction des redevances de près de 30% pour certains et 70 % pour d’autres est une bonne nouvelle pour les patrons de presse. Une réduction qui va sans doute alléger les dépenses des promoteurs de radios, en tenant compte des multiples facteurs dans le fonctionnement de ces entreprises de médias audiovisuels.

A cet effet, Aboubacar Camara, le secrétaire général de l’URTELGUI, est largement revenu sur le contenu dudit arrêté, « les redevances annuelles liés à l’assignation d’une fréquence aux stations des radios privés et télévisions privés sont fixées comme suit : type de stations, stations des radios communautaires, redevances annuelles cinq millions de francs guinéens ; stations des radios diffusions commerciales, redevances annuelles sept millions cinq cent mille francs guinéens ; stations des télévisions communautaires, redevances annuelles quinze millions de francs guinéens ; stations de télévisions commerciales quinze millions de francs guinéens. Les redevances annuelles sont payées en une tranche ».

Si le combat sur la réduction des redevances est remporté par l’URTELGUI, quand n’est-il des arriérés des redevances que certains médias audiovisuels doivent jusque-là à l’État ? Talibé Barry directeur de la radio city FM, dira ceci « c’est une bouffée d’oxygène pour les télévisions et les radios privées qui sont déjà écrasées par des charges. Il faut dire que la loi n’est pas rétroactive, il faut le rappeler. C’est que la radio City FM devait deux ans, trois ans d’arriérés de redevance, ces arriérés restent. Cet arrêté, c’est pour les années prochaines ».

Selon le président de l’URTELGUI, une lutte est engagée pour que l’État puisse revoir à la hausse de la subvention allouée aux médias.

« La subvention qu’on alloue à la presse en Guinée est la plus dérisoire dans le monde entier. La Côte d’Ivoire aujourd’hui alloue à sa presse privée un milliard quatre cent cinquante millions de francs CFA, quant vous mettez ça ensemble, ça serait dans l’ordre de 18 milliards de francs guinéens. Trois milliards, je pense que c ne fait absolument rien », a souligné Sanou Kerfala Cissé.

Talibé Barry a dans sa communication, annoncée qu’un mémo a été adressé au chef de l’État, un mémo dans lequel, l’URTELGUI a fait mention d’une annulation des arriérés de redevance des médias audiovisuels.

CENI : la nomination de Mamady 3 Kaba, fait couler des salives

Le Président de la République a nommé jeudi le remplaçant de Maître Salifou Kébé. Il s’agit du juriste Mamady 3 Kaba jusque-là directeur de cabinet du nouveau président de l’assemblée nationale. Si sa nomination au poste de commissaire à la CENI est vivement appréciée par la société civile, c’est plutôt un sentiment de doute et de confusion qui anime les acteurs politiques.

Jamais la nomination d’un commissaire à la CENI n’a suscité autant de réactions comme celle du juriste Mamady 3 Kaba. Pour le président du conseil national des organisations de la société civile, le remplaçant de maitre Salifou Kébé mérite le choix porté sur sa personne.

« D’abord c’est une réaction favorable, je précise que Mamady 3 kaba remplissent toutes les conditions pour faire le travail des commissaires de la CENI. Donc je pense que c’est choix éclairé et cest un choix consensuel », a affirmé Dr Dansa Kourouma.

Quant au président du bloc libéral, le choix de Mamady 3 Kaba vient renforcer la position du contre-pouvoir, contre la mal gouvernance du régime Condé.

« La manière dont le choix a été fait, est une raison suffisante qui renforce notre position. Et dire qu’en Guinée, il a des institutions que nous devons construire en privilégiant la compétence, l’intégrité, l’expérience plutôt que la représentativité. Par rapport à la personne de Mr Kaba, je n’ai rien à dire, mais tout ce qui est entrain d’être fait, c’est de la confusion, c’est du mensonge », a fait savoir Dr Faya Millimouno.

Comme Dr Faya Millimouno, l’honorable Ben Youssouf Kéita de l’UFDG botte en touche ce choix du chef de l’État et va jusqu’à qualifier le juriste d’un homme de l’ombre du Parti au pouvoir.

« Je suis un peu dépuratif, Mr Mamady Kaba lors du débat sur la nouvelle constitution, a vu qu’il a pris parti clairement sur la nouvelle constitution, deuxièmement il venait d’être nommé comme directeur de cabinet du nouveau président de l’Assemblée Nationale, alors ça nous laisse dépuratif. Ça montre purement et simplement que Mamady 3 Kaba était dans l’ombre du parti partout où il se trouvait », a indiqué l’honorable Ben Youssouf Kéïta.

Mamady 3 Kaba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est-il bien parti pour être le président de cette institution ?

Attendons de voir !

Tomou Traoré

L’OMS plus fragile que jamais à la veille de son assemblée générale

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tient son assemblée générale du 17 au 21 mai alors qu’elle affronte la plus grande crise de son histoire. Attaquée et critiquée par ses États membres, elle aborde ce grand rendez-vous plus fragile que jamais, au plus mauvais moment.

C’est une histoire d’e-mails envoyés le jour de la Saint-Sylvestre. Ce 31 décembre 2019, la Chine, via la commission sanitaire municipale de Wuhan, prévient officiellement l’OMS de la survenue de plusieurs cas de pneumonie non identifiée. Un nouveau coronavirus est ensuite identifié. Cette maladie émergente peut-elle se transmettre d’homme à homme ? Les autorités chinoises affirment que non. Pourtant, Taïwan certifie avoir alerté l’organisation le même jour sur le risque d’une telle transmission. Il faudra attendre le 20 janvier 2020 pour que l’OMS reconnaisse que cette nouvelle maladie se transmet bien entre êtres humains.

Trois semaines ont-elles été perdues ? Il s’avère que l’OMS ne reconnaît pas Taïwan comme l’un de ses États membres, en grande partie à cause de l’opposition de la Chine, ce qui expliquerait qu’elle n’ait pas tenu compte de cette alerte. De fait, les rapports entre Pékin et l’organisation cristallisent la majeure partie des critiques faites à son encontre à l’occasion de cette crise pandémique. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l’organisation, est-il sous la coupe des Chinois ? « L’OMS a vraiment tout raté », tweetait Donald Trump le 7 avril, résumant là une bonne partie des griefs retenus contre l’OMS. « Elle est majoritairement financée par les États-Unis, mais pourtant très centrée sur la Chine. » Si le président américain a ainsi justifié sa décision de se retirer de l’organisation, cette critique n’en est pas moins caricaturale.

L’OMS dépendante

« L’OMS est une agence intergouvernementale : c’est le nœud du problème », explique Auriane Guilbaud, du centre de recherches sociologique et politique de l’Université Paris 8. « L’outil principal sur lequel s’appuie l’organisation, c’est le règlement sanitaire international adopté par ses États membres, en 1951 et révisé depuis. Il stipule que les États membres doivent rapporter les événements de santé publique qu’ils ont repéré sur leur territoire. L’OMS dépend donc de ses États membres et de la fiabilité de leurs informations. »

Dès lors, les informations fournies par les autorités chinoises sur ce début d’épidémie ont-elles été fiables ? « L’OMS a été un peu induite en erreur », a déclaré John MacKenzie au quotidien britannique The Guardian. Le conseiller auprès du comité d’urgence de l’organisation relève ainsi que lorsque la Chine informe l’OMS le 31 décembre, ses scientifiques avaient déjà séquencé le génome du virus et savaient déjà qu’ils avaient affaire à un nouveau coronavirus. Pourtant, les autorités de Pékin ne le confirmeront officiellement que le 7 janvier, et le génome entier ne sera partagé à la communauté internationale que le 12 janvier. De même, John MacKenzie s’interroge sur le bilan communiqué par la Chine : 59 cas pour la première semaine de 2020, « très, très loin de ce à quoi on pouvait s’attendre ».

Dans ce contexte, que pouvait faire l’OMS ? « L’organisation étant intergouvernementale, il lui faut solliciter l’État membre », explique Auriane Guilbaud. L’OMS a ainsi demandé à la Chine l’autorisation d’envoyer une équipe de scientifiques dans la province du Hubei, l’épicentre de l’épidémie. Pékin refusa. « Et l’OMS n’a pas pouvoir de sanction », ajoute la chercheuse. Ce n’est que le 8 février que les autorités chinoises autorisèrent sur leur territoire une équipe d’observateurs de l’OMS.

Le Dr Tedros n’a ainsi jamais fait état publiquement de la réticence de la Chine à coopérer. Il fit même l’inverse le 28 janvier en rencontrant Xi Jinping à huis clos et en louant deux jours plus tard les efforts chinois pour contenir la maladie : « Un nouveau modèle de contrôle d’épidémie. » C’est pourtant ce même 30 janvier que l’OMS déclare le Covid-19 comme étant une urgence sanitaire de portée internationale. Pour Auriane Guilbaud, dans cette séquence, « l’OMS a joué un rôle d’acteur diplomatique pour préserver ses relations avec ses États membres, dont la Chine. C’est une ligne pragmatique, il fallait préserver les relations ».

L’exemple du SRAS

De fait, étant dépendante de ses informations, l’Organisation mondiale de la santé a toujours ménagé la Chine lors de cette crise. Elle n’a pourtant pas toujours joué ce rôle. En novembre 2002, le gouvernement chinois découvre sur son sol une nouvelle maladie respiratoire, le SRAS, et n’en informe pas l’OMS. Mais à l’époque, sous l’impulsion de sa directrice générale d’alors, Gro Harlem Brundtland, l’organisation surveillait les forums médicaux chinois et avait donc connaissance de cette pneumonie atypique. Ces informations en main, l’OMS est allée voir les dirigeants chinois, qui l’ont officiellement notifiée peu après.

Gro Harlem Brundtland n’a alors pas eu peur d’accuser publiquement la Chine d’avoir gardé ces informations pour elle, empêchant ainsi de contenir l’épidémie « si l’OMS avait pu intervenir plus tôt et envoyer ses équipes sur place ». À la suite de ces déclarations, Pékin coopéra rapidement.

Pourquoi l’OMS n’a-t-elle pas adopté la même ligne près de vingt ans plus tard ? Sans doute parce qu’elle a perdu de son aura. En 2003, alors que l’épidémie de SRAS se répandait dans plusieurs pays (Hong Kong, Vietnam et Canada), l’organisation a pour la première fois rendu un avis déconseillant de voyager vers les zones touchées. Bien que l’OMS n’ait pas effectivement le pouvoir de clouer les avions au sol, cet avis a été suivi.

À la suite de cette épidémie, la réponse de l’OMS a globalement été jugée comme un succès. Seuls 26 pays ont été touchés par la maladie et moins de 1 000 personnes en sont mortes. « Brundtland a fait des choses pour lesquelles l’OMS n’avait pas de mandat », se souvient David Fidler, consultant pour l’organisation. Pour cause : ce ne sont ni les traitements, ni les vaccins qui sont venus à bout du SRAS, mais l’échange d’information à l’échelle mondiale, les restrictions de voyage, des politiques de dépistage et d’isolement des malades.

L’occasion manquée

Malheureusement cet essai ne sera pas transformé. Il y avait pourtant une opportunité : « Le règlement sanitaire international de 1951 a été révisé à la suite du SRAS », explique Auriane Guilbaud. D’aucuns ont poussé pour donner plus de latitude à l’OMS, mais c’est finalement la ligne inverse qui l’a emporté. Plusieurs pays avaient en effet la crainte de devoir affronter les mêmes restrictions qu’a eu à subir la Chine si jamais ils venaient à se retrouver dans sa situation. Ainsi, sur la question de la fermeture des frontières, le règlement sanitaire international révisé stipule désormais que « les États membres s’engagent à prévenir la propagation internationale des maladies et à y réagir avec des mesures sanitaires proportionnées sans entraves inutiles aux déplacements et aux commerce international ». Pour Auriane Guilbaud, cette résolution en demi-teinte s’explique par deux choses : « Tout d’abord, il ne faut pas que les États se sentent discriminés, sinon ils pourraient hésiter à rapporter des événements de santé publique. Ensuite, ils ne veulent pas être mis au ban de la communauté internationale parce qu’on aurait interdit tout commerce avec eux. »

L’OMS est devenue inaudible

Ainsi, pour l’épidémie d’Ebola en 2014 comme pour celle du Covid-19, l’OMS n’a pas appelé à la fermeture des frontières. « En 2014, certains États les avaient fermées », se souvient Auriane Guilbaud. « L’OMS les avait alors critiqués estimant que cela faisait plus de mal que de bien. » Pour l’épidémie d’Ebola, l’OMS avait également mis plusieurs mois à déclarer une urgence. David Fidler estime ainsi que cela a retardé d’autant une aide internationale pourtant essentielle, et grandement affaibli le leadership de l’OMS. Ce manque est criant aujourd’hui : « De nombreux États ne suivent plus les recommandations », analyse Auriane Guilbaud.

Richard Horton, le rédacteur en chef de la prestigieuse revue médicale The Lancet va plus loin : « Les États, et particulièrement les États occidentaux n’ont pas écouté. Plutôt : ils n’ont pas cherché à comprendre ce qui se passait en Chine au début de l’année 2020 ». On peut ainsi considérer que la déclaration d’une pandémie le 11 mars était purement rhétorique pour pousser les États membres de l’OMS à faire plus, étant donné que l’urgence sanitaire de portée internationale les obligeait déjà à réagir.

L’organisation a en effet toujours répété quelques principes simples que doivent appliquer les États : réduire l’exposition du public à la maladie, en particulier en identifiant toutes les chaînes de contamination. « Il faut tester, tester, tester », ne cesse de marteler le Dr Tedros depuis plusieurs mois. Il n’a donc pas été écouté puisqu’à l’exception de la Corée du Sud et de l’Allemagne, la plupart des pays occidentaux se sont illustrés par leurs carences en la matière jusqu’à un confinement devenu inévitable – certains pays pariant même sur une putative immunité de population à rebours de toutes les recommandations.

L’OMS doit également faire face à une disparition presque complète de la coopération internationale en matière sanitaire – excepté sur le plan scientifique. Des images de gouvernements réquisitionnant des masques au détriment d’autres pays, d’autres voulant s’arroger la primeur d’un éventuel vaccin… Les exemples ne manquent pas et il y a bien sûr le retrait américain de l’organisation. Il s’agit pour l’instant d’une suspension, mais les États-Unis fournissent 15 % du budget de l’OMS. Cela impactera donc forcément les programmes tout en donnant paradoxalement plus de latitude à la Chine – précisément ce que dénonce Washington avec ce retrait. En matière épidémique, la coopération internationale est pourtant essentielle : « Faire circuler l’information est essentiel, et c’est un défi. Il faut faire travailler 194 États membres ensemble et il faut bien quelqu’un pour remplir ce rôle. L’OMS est la seule organisation de santé à vocation universelle », rappelle Auriane Guilbaud.

Une assemblée générale sous le signe du Covid-19

C’est donc avec ce rôle affaibli que l’Organisation mondiale de la santé va aborder son assemblée générale du 17 au 21 mai. D’ordinaire consacrée aux questions de gouvernance, elle risque d’être entièrement dédiée à la pandémie de Covid-19. De plus, « cela devrait être une assemblée virtuelle », anticipe Auriane Guilbaud. « C’est dommage car en temps normal, beaucoup de discussions ont lieu entre deux portes, ce ne sera pas possible. Elle sera tout de même très intéressante à suivre, il faudra voir comment les États membres se positionnent par rapport au Directeur-Général, s’il est soutenu. »

Après chaque épidémie, l’OMS réalise toujours une évaluation sur les événements passés. Des leçons sont tirées et conduisent à des mesures de plus ou moins grande ampleur. L’organisation apparaît aujourd’hui plus fragilisée que jamais. Qu’en sera-t-il demain ? Ses États membres accepteront-ils de lui laisser plus de latitude ? « Nous sommes toujours en pleine crise. Ces mesures, ce sera pour après », conclut Auriane Guilbaud.

RFI

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