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01/05/14 L’ONU promet d’empêcher le Soudan du Sud de devenir "un autre Rwanda"

L’ONU empêchera un génocide au Soudan du Sud, un pays "au bord de la catastrophe", ont averti mercredi à Juba des responsables des Nations Unies, avertissant les dirigeants des deux camps qui s’affrontent qu’ils seraient tenus responsables des massacres et de la famine qui menace.
"Le mélange mortel de griefs mutuels, d’appels à la haine et de tueries de représailles (…) semble prêt à entrer en ébullition et (…) ni les dirigeants sud-soudanais ni la communauté internationale ne semblent réaliser à quel point la situation est désormais dangereuse", a déclaré la Haut Commissaire de l’ONU au droits de l’Homme, Navi Pillay.
Les combats qui opposent depuis la mi-décembre l’armée fidèle au président Salva Kiir aux troupes loyales à son ancien vice-président Riek Machar se sont accompagnés de massacres et d’exactions contre les civils sur des bases ethniques. A la rivalité entre MM. Kiir et Machar, se greffent de vieux antagonismes entre Dinka et Nuer, les deux principales communautés du pays dont ils sont respectivement issus.
De récents massacres de civils à Bentiu (nord-est) et Bor (est) ont "mis en évidence combien le Soudan du Sud est proche du désastre", a insisté Mme Pillay, à l’issue d’une visite de deux jours dans le plus jeune pays du monde, indépendant depuis juillet 2011.
Des "appels à la haine" et des tueries "sur des bases ethniques" laissent craindre que "ce conflit dérape dans une violence grave qui échappe à tout contrôle", a de son côté estimé le Conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng, qui accompagnait Mme Pillay.

Photo du 29 avril 2014 délivrée par la Mission des Nation unies au Sud Soudan (Unmiss) de la Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Navi Pillay (d) et du conseiller spécial pour la prévention des génocides, Adama Dieng (g) au Sud Soudan. © Isaac Alebe Avoro
Les leçons de l’histoire
Il a assuré que l’ONU prendrait "toutes les mesures possibles" pour "protéger les populations (sud-soudanaises) d’un autre Rwanda", en référence au génocide qui y fit quelque 800.000 morts en 1994, essentiellement dans la minorité tutsi, et que l’ONU fut incapable d’empêcher.
"Le président (…) et Riek Machar (…) doivent prendre leurs responsabilités" pour empêcher des exactions et "nous devons nous assurer que les responsables des crimes commis ici en répondent", a-t-il dit.
"L’actuelle culture de l’impunité ne peut que miner nos efforts. Nous avons appris cela à nos dépens (…) notamment du génocide perpétré il y a 20 ans au Rwanda", a-t-il souligné.
Des enquêtes vont déterminer "ce que les chefs politiques et militaires savaient, auraient dû savoir, ou s’ils se sont abstenus de prendre des mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher des crimes de guerre ou contre l’humanité", a rappelé Mme Pillay.
La Haut-commissaire, qui a rencontré MM. Kiir et Machar, a dénoncé leur apparente indifférence aux souffrances de leurs concitoyens, dont plus d’un million ont été chassés de chez eux, mais aussi la "lenteur à agir" de la communauté internationale.
L’appel à une trêve en mai, lancé mardi par le responsable des opérations humanitaires de l’ONU pour éviter une famine qui menace un million de personnes a reçu "un accueil tiède" de MM. Kiir et Machar, a également indiqué Mme Pillay.
"J’ai été atterrée par l’apparente indifférence affichée par les deux dirigeants concernant le risque de famine", a-t-elle expliqué.
"La perspective d’infliger faim et malnutrition à grande échelle à des centaines de milliers de leurs concitoyens, en raison de leur incapacité personnelle à résoudre leurs différends pacifiquement, n’a pas semblé les toucher beaucoup", a-t-elle ajouté.
La pression de John Kerry
Elle a par ailleurs ajouté que "plus de 9.000 enfants ont été recrutés au sein des forces armées des deux camps" – des faits constitutifs de crimes de guerre – et dénoncé les attaques contre des centres de soins, les viols et enlèvements de femmes et filles, ainsi que le meurtre d’enfants lors de massacres de civils commis tant par l’armée que par les forces pro-Machar.
"Jusqu’où cela doit-il encore empirer avant que ceux qui peuvent mettre fin à ce conflit, particulièrement le président Kiir et M. Machar, décident de le faire?", a interrogé Mme Pillay.
Des négociations à Addis Abeba ont accouché d’un cessez-le-feu mi-janvier, qui n’a jamais été respecté. Une deuxième phase, entamée mi-février et deux fois suspendue faute d’avancées, a repris lundi autour de points de procédure.
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé mercredi soir à Addis Abeba dans le cadre d’une tournée africaine où le Soudan du Sud aura la priorité. Il devrait accentuer la pression sur les dirigeants des deux camps belligérants, les Etats-Unis étant les parrains de l’indépendance Soudan du Sud et principal soutien du jeune Etat.
JA

30/04/14 Bras de fer entre la Guinée et BSGR : « l’Etat guinéen est allé trop vite » dixit El hadj Ben Daouda Nassoko, président du PPRG

Le bras de fer qui oppose l’Etat guinéen au le géant minier Vale- BSGR continuer de faire couler beaucoup d’encre et de salive en Guinée. Si certains observateurs saluent la décision du Gouvernement de retirer les concessions de BSGR sur l’un des plus grands gisements de minerais de fer au monde, située dans le massif de Simandou, à cause de la corruption que la multinationale du milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz aurait utiliser pour s’offrir ce marché, d’autres pensent qu’il y avait des pistes de solutions qui pouvaient être utilisé sans arriver à la résiliation du contrat.
C’est le cas du Président du Parti pour la Prospérité et le Renouveau de la Guinée qui estime que le Gouvernement guinéen est allé trop vite. « Je pense qu’on pouvait continuer à négocier avec cette société pour trouver une solution qui pourrait être à notre faveur. Une solution à travers laquelle, le peuple de Guinée peut trouver un avantage qui peut se traduire sur le plan de l’emploi et d’augmentation de revenue » déclare El hadj Ben Daouda Nassoko.
Pour le président du PPRG, la corruption existe des Etats –Unis en Chine surtout dans le domaine minier. « Tous ceux qui ont géré ces mines ont été corrompus et corrupteur » ajoute t-il, avant de conclure : « si on s’aperçoit qu’il y a eu des erreurs, à ce stade que nous avons atteint, ne nous retournons pas en arrière, corrigeons cela et on va les sanctionner à travers ce qu’ils ont fait, au lieu de toujours réinventer la roue ».
Rappelons que le PPRG est un parti qui a fait ses premières expériences avec ‘’ l’alliance Cellou Dalein Diallo Président’’ en 2010, avant de se retrouver dans le bloc des centristes.

Bah Kouré

30/04/14 Mine : Vale se retourne contre le groupe BSGR de Beny Steinmetz

Nouveau rebondissement dans la bataille entre la Guinée et BSGR, le groupe minier lié au milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz fera désormais face à son ancien partenaire Vale.
Le géant brésilien a rejoint en 2010 BSGR sur une concession minière en Guinée. Selon Conakry, cette dernière a été acquise par le biais de «pratiques de corruption». Vale se dissocie de son allié et l’attaque devant une cour d’arbitrage à Londres.
Le conglomérat brésilien Vale vient de déposer une action à l’encontre de son ancien partenaire en Guinée, devant la London Court of International Arbitration, a appris mardi Le Temps, de deux sources distinctes proches du dossier. Une de ces sources précise que la procédure porte sur des dommages de 1,1 milliard de dollars, que le géant minier dit avoir subis en raison des agissements de BSGR en Guinée. Contacté mardi soir, l’avocat genevois de Beny Steinmetz, Marc Bonnant, indique «avoir été informé de l’existence d’une requête en arbitrage» venant de Vale mais ne se l’être «pas encore vue communiquée». Ce dernier ne confirme pas le montant de la procédure. «Prévisible», cette action «est la conséquence directe de la décision d’expropriation provisoire rendue par les autorités guinéennes», commente l’avocat genevois.

Cette procédure de Vale fait suite à la décision, prise par le gouvernement guinéen il y a deux semaines, de «retirer» les concessions de BSGR sur l’un des plus grands gisements de minerais de fer. Située dans le massif de Simandou, cette concession a été obtenue en 2008 par le biais de «pratiques de corruption», selon Conakry. BSGR avait réussi à attirer Vale dans ce projet minier gigantesque en 2010. Montant obtenu du géant brésilien? 2,5 milliards de dollars pour la moitié de la concession.
De son coté, Vale a confirmé, par communiqué, une décision des autorités guinéennes «basée sur une conduite délictueuse en lien avec l’acquisition des licences minières» de BSGR. Tout en soulignant que Conakry «n’a trouvé aucune implication de Vale dans cette conduite frauduleuse». Contacté hier, le groupe brésilien se bornait à renvoyer à ce communiqué, répétant être en train de «considérer activement toutes les options légales».
Nous y reviendrons

30/04/14 Les lauréats du concours dénommé ‘’ Reporter du développement’’ sont désormais connus.

La cérémonie de remise des prix aux gagnants de la première édition du concours ‘’ Reporter du développement ‘’ a eu lieu ce mardi 29 avril 2014, au jardin du 02 octobre de Conakry. L’évènement a mobilisé en plus des hommes de la presse, la présidente du Conseil National de la Communication, le ministre de la jeunesse et de l’emploi jeune, le ministre délégué au budget, la représentation de la banque Mondiale et plusieurs autres invités.
Sur 15 candidats, 2 seulement ont été primé dans les catégories télévision et presse en ligne. Il s’agit de Thierno Ousmane Diallo, journaliste reporter à la RTG et Boubacar Sanso Barry, journaliste du site internet guineeconakry. Info. Chacun d’entre eux remporte 20 millions de francs guinéens. La radio elle, n’a pas eu de lauréat par ce que selon le jury, les postulants n’ont pas remplie les conditions exigées.
Ce concours lancé en janvier 2014 par le réseau des journalistes économiques de Guinée en partenariat avec la représentation de la Banque Mondiale en Guinée, vise à récompenser les meilleurs journalistes économiques du pays qui se sont illustré à travers la production des reportages audio-visuels ou des articles de la presse écrite ou en ligne, sur quatre projets clôturés figurant dans le portefeuille de la Banque Mondiale en Guinée. Il s’agit du projet de développement urbain PDU3, le projet d’appui au plan national d’infrastructures rurales et la première phase du projet Doing Business 2011-2013.
Pour le président du REJEG, cette initiative vise à développer la culture de l’excellence en encourageant les journalistes traitant des questions économiques et du développement à s’intéresser aux atouts et faiblesses , aux défis et surtout, aux réalisations des projets et programmes initiés par le gouvernement guinéen et financés par les partenaires techniques et financiers de la Guinée. « L’objectif est de promouvoir la culture de l’excellence, amener les journalistes à avoir une valeur ajouté mais surtout récompenser les meilleurs » déclare Ibrahim Ahmed Barry.
La Banque Mondiale, le gouvernement et la présidente du CNC, chacun en ce qui lui concerne, s’est engagé à soutenir ce genre d’initiative qui vise à promouvoir la culture de l’excellence dans notre pays.
BAH Kouré

30/04/14 JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE 14 : RSF publie la liste des “100 héros de l’information”

A l’occasion de la Journée mondiale de la presse 2014, Reporters sans frontières (RSF) publie pour la première fois une liste de “100 héros de l’information”. Dotés d’un courage exemplaire, ces “100 héros” contribuent, par leur travail ou leur combat, à promouvoir la liberté prévue par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, celle de “chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit”. Les “100 héros” mettent leur idéal “au service du bien commun”. A ce titre, ils ont valeur d’exemple.

“La Journée mondiale de la liberté de la presse, dont Reporters sans frontières fut à l’origine, doit être l’occasion de saluer le courage de ces journalistes et blogueurs qui sacrifient chaque jour leur sécurité et parfois leur vie à leur vocation, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Les “héros de l’information” sont une source d’inspiration pour toutes les femmes et tous les hommes qui aspirent à la liberté. Sans leur détermination et celle de tous leurs semblables, il ne serait pas possible d’étendre le domaine de la liberté tout court”.
La liste de Reporters sans frontières, naturellement non exhaustive, est une reconnaissance et un hommage non seulement pour les 100 personnalités citées, célèbres ou méconnues, mais pour tous les journalistes, professionnels ou non, qui participent chaque jour à éclairer le monde et à rendre compte du réel sous toutes ses formes. Cette initiative a pour objet de démontrer que le combat pour la défense et la promotion de la liberté de l’information passe par un soutien intense aux victimes d’exactions mais aussi par l’érection de figures qui peuvent servir de références.
La liste des “100 héros de l’information” comprend des femmes et des hommes de tous âges (de 25 à 75 ans) et de toutes nationalités (65 nationalités représentées). Le cadet,Oudom Tat, est cambodgien, et l’aîné, Muhammed Ziauddin, pakistanais. L’Iran, la Russie, la Chine, l’Érythrée, l’Azerbaïdjan, le Mexique et le Vietnam, sont représentés par au moins trois héros chacun. Figurent dans la liste des 100 des personnalités aussi différentes qu’Anabel Hernandez, auteur d’un best-seller sur la collusion de personnalités politiques mexicaines avec le crime organisé, Ismail Saymaz, journaliste turc poursuivi en justice une vingtaine de fois pour ses reportages, Hassan Ruvakuki, emprisonné pendant 15 mois au Burundi pour avoir tendu son micro à des mouvements rebelles, et Gerard Ryle, directeur de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), qui a contribué à l’émergence d’enquêtes journalistiques globales.
Certains travaillent dans des démocraties. C’est le cas de Glenn Greenwald et Laura Poitras, ressortissants américains à l’origine de la révélation des pratiques de surveillance massive des services de renseignement de sécurité américains et britanniques. D’autres exercent dans les régimes les plus autoritaires qui soient, comme la journaliste iranienneJila Bani Yaghoob. Tous ne sont pas journalistes professionnels. Ainsi, le citoyen journaliste vietnamien Le Ngoc Thanh est aussi prêtre catholique. Nombre d’entre eux, à l’instar du journaliste italien spécialisé dans le crime organisé Lirio Abbate, ont fait de la corruption et de la criminalité dans leur pays leur cheval de bataille. C’est le cas de Peter John Jaban, animateur radio en Malaisie longtemps exilé à Londres, de Serhiy Leshchenko, journaliste d’investigation ukrainien, et du Bulgare Assen Yordanov, qui fait régulièrement l’objet de menaces de mort. Parmi ces portraits, Reporters sans frontières a également tenu à faire figurer des militants tels que María Pía Matta, engagée auprès de l’AMARC pendant près de 10 ans pour la liberté des radios communautaires d’Amériques du Sud.
Le courage est le dénominateur commun à toutes ces personnalités. En Ouzbékistan, les autorités n’ont pas hésité à torturer Muhammad Bekjanov pour lui extorquer des aveux. Il est détenu depuis 15 ans, privé de soins malgré sa tuberculose. En Érythrée, dernier pays au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières pour la septième fois en 2014, Dawit Isaac croupit dans les geôles du dictateur Afeworki depuis 13 ans. Mazen Darwish, fondateur du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression et lauréat du prix RSF 2012, est retenu prisonnier depuis plus de deux ans par le régime de Bachar Al-Assad.

29 /04/ 14 Situation de la fièvre hémorragique virale Ebola en Guinée

Jusqu`a la date du 27 avril 2014, la Guinée a enregistré 121 cas confirmés de Fièvre hémorragique Ebola dont 74 décès.
Aucun nouveau cas de fièvre hémorragique EBOLA n’a été enregistré à la date du 27 avril 2014 selon le ministère de la santé.
Le département de la santé précise tout de même que dans tout le pays, à la date du 27 avril 2014, 10 malades restent hospitalisés :
• 4 malades dans le Centre de Traitement de Conakry
• 6 malades dans le centre de traitement de Guéckédou.

26 malades sont sortis guéris des Centres de traitement Ebola repartis comme suit ;
• Conakry 14
• Guéckédou 10
• Macenta 02

Le département de la santé annonce également que des dispositions sont en cours pour renforcer le suivi des contacts et la sensibilisation des populations sur les mesures de protection individuelle et collective.

Des médicaments, équipements de protection individuelle, des produits de désinfection, des lits etc.….. Ont été également distribués aux formations sanitaires de la ville de Conakry, Guéckédou, Macenta, Kissidougou, Dabola et Dinguiraye le 25 avril 2014, a t- on apprit.

Souaré

29 /04/ 14 Conakry : un conflit domanial perturbe la circulation à l’entrée du marché Madina

Les travailleurs qui ont voulu rallier le centre ville ce mardi matin ont été surpris au niveau du quartier Boussoura dans la commune de Matam par des jets de pierres. Nombreux sont ceux qui ont vu les vitres de leurs voitures brisées par des pierres. Ce qui a poussé plusieurs automobilistes à se rabattre sur l’autoroute pour rallier leur lieu de travail.
Avec la panique et le sauve-qui-peut, un embouteillage énorme s’est crée tant sur l’autoroute que sur la transversale qui mène au rond point belle-vue.
Selon des informations reçu sur les lieux, c’est un conflit domanial qui a mal tourné, et c’est ce qui à fait que des jeunes se sont joints aux concessionnaires du domaine pris par proche du pouvoir pour dénoncer une décision judiciaire.
Il a fallut l’intervention des forces de l’ordre pour débloquer la circulation.
guineediversite.com

29 /04/ 14 Des femmes demandent leur implication dans le processus de réconciliation nationale

Le vendredi passé le Centre Femmes Citoyenneté et Paix(FECPA) en collaboration avec l’AANG (association des anciens normaliens de guinée), RENACOT (réseau national des communicateurs traditionnels), club des femmes modèles du centre Fecpa avec l’appui financier de l’ambassade des Etats Unis en Guinée, a initié un projet dénommé « Sous le Baobab avec les Femmes ».
L’un des volets du projet a consisté à la rencontre des femmes avec le premier Imam de la grande mosquée de Fayçal, co-président du comité de réflexion pour la réconciliation nationale. L’objectif était de plaider pour l’implication des femmes dans le processus de la réconciliation nationale.

Dans son discours, le chargé de programme du Centre FECPA Jonas Mamady Kamano a indiquée que son organisation a pour objectif de promouvoir les droits des Filles/Femmes; apporter des appuis conseils sur les problématiques de Femme, de citoyenneté et de Paix ; collecter des informations sur les problématiques des Femmes, de la citoyenneté et de la Paix ; renforcer les capacités des citoyens et citoyennes sur les notions d’Etat de droit, de démocratie et de Paix ; réaliser des études et faire de la consultation.

Parlant des missions assignées à l’ONG, M. Jonas Kamano dira qu’elles sont entres autres : Promouvoir et faire participer les filles/femmes à tous les niveaux ; Œuvrer en faveur de l’instauration et de la préservation de la paix ; amener à faire respecter les principes démocratiques.
Au nom des femmes, Hadja Mama yawa Sandouno estime que la religion est un moyen qui approche les hommes. Et selon elle, sans la paix aucun pays ne peut inspirer à un développement. « Les femmes en Guinée ont un rôle particulier à jouer. Il est nécessaire de les impliquer dans les processus de réconciliation et de construction de la paix. Quelques exemples des initiatives des femmes guinéennes montrent qu’elles constituent une force positive souvent ignorée… » Dira t- elle.

Dans sa réponse, le co-président du comité El hadj Mamadou Saliou Camara a indiqué que les femmes ne doivent pas être invitées dans le processus de réconciliation nationale. Car selon lui, les femmes sont au début, au milieu et à la fin de tout le processus. « La Guinée est plus grande qu’une ethnie ou une région. Nous sommes tous Guinéens et nous devons vivre ensemble. Nous devons nous aimer les uns des autres », a conseillé le premier Imam.
Cette rencontre s’est terminée par des bénédictions.

Guineediversite.com

29/04/14 Sénégal : et si l’affaire Karim Wade faisait pschitt ?

Il aurait pu être libéré le 17 avril, la justice en a décidé autrement. Le fils de l’ancien président sénégalais doit prouver l’origine licite d’un patrimoine désormais estimé à 178 millions d’euros. Mais la procédure présente de nombreuses failles… et embarrasse au plus haut niveau.
L’affaire Karim Wade, c’est un peu comme la jarre trouée du roi Guézo, qui servit d’emblème à la défunte Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF). Partout, tout le temps, des fuites. Mais aucune main pour tenter de boucher les trous. "Que voulez-vous ? C’est l’administration sénégalaise…", se défend un proche du président Macky Sall qui rappelle que sous le magistère d’Abdoulaye Wade, il en était de même, et jure que son patron voit d’un mauvais oeil cette surmédiatisation du feuilleton préféré des Sénégalais.
Une fois de plus, donc, c’est par la presse que les avocats de l’ancien "ministre du ciel et de la terre" ont appris que leur client irait au procès. L’arrêt de la commission d’instruction de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), qui renvoie Karim Wade devant les juges pour répondre du délit d’enrichissement illicite aux côtés de sept complices présumés, est daté du 16 avril, mais ce n’est que le lendemain que les avocats du fils d’Abdoulaye Wade en ont pris connaissance. En lisant les quotidiens, d’abord, puis en se rendant au greffe de cette cour si particulière.
Des versements assimilés à de la corruption
Quelque 117 milliards de F CFA (environ 178 millions d’euros) : le patrimoine que lui prête la commission d’instruction – et dont il devra justifier dans le prétoire l’acquisition régulière – est bien en dessous du montant initial qu’il avait été mis en demeure, il y a un an, d’expliquer et qui lui a valu de passer ces douze derniers mois dans une cellule de la prison de Rebeuss (lire chronologie p. 32). Pour parvenir à cette somme, qui reste importante, les juges de la Crei ont additionné le patrimoine de plusieurs sociétés – dont Aviation Handling Services (18,9 milliards de F CFA) et Hardstant (17,8 milliards) -, de quatre biens immobiliers (à Dakar et à Paris), d’une assurance-vie, de plusieurs véhicules et de divers comptes bancaires. Il ressort en outre de l’arrêt que Karim Wade aurait reçu de Dubai Ceramic, filiale de Dubai Ports World (DP World), des versements approchant les 8 milliards de F CFA, que les juges d’instruction assimilent à de la corruption.
"Encore une fois, dénonce l’un des avocats de Wade, la fortune que l’on prête à notre client est fondée sur des dénonciations de quelques témoins et non sur des faits. On lui attribue le patrimoine de sociétés avec lesquelles il n’a rien à voir, et voilà qu’on nous sort un nouveau compte en banque, à Singapour, dans lequel Karim cacherait 46 milliards de F CFA ! Or ce compte n’existe pas ! Nous avons saisi la Banque mondiale pour faire la lumière là-dessus."
Karim Wade demeurera en prison jusqu’à son procès
Karim Wade, qui pouvait espérer recouvrer sa liberté le 17 avril, à l’issue de la deuxième mise en demeure de six mois imposée en octobre 2013, demeurera donc en prison jusqu’à son procès, censé se tenir dans un délai de deux mois. Il s’y attendait, ses avocats aussi. Selon eux, la Crei est "une juridiction politique qui ne garantit aucun droit à un procès juste et équitable". Absence de recours contre ses décisions, inversion de la charge de la preuve (le prévenu doit démontrer l’origine licite de son patrimoine)… Les critiques formulées contre cette juridiction d’exception n’ont cessé de s’amplifier au cours des derniers mois.
Aujourd’hui, certaines associations de défense des droits de l’homme, qui ont joué un rôle important dans la chute d’Abdoulaye Wade et qui avaient fait de son fils leur tête de Turc, ne cachent plus leur malaise. Tout comme la classe politique. "Je ne suis pas d’accord avec la méthode de la Crei, basée sur la polémique", indique Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du Parti socialiste, membre de la coalition au pouvoir.
Macky Sall lui-même reconnaît, en privé, que certaines des accusations portées contre Karim Wade semblent exagérées. Le discours que le président sénégalais sert à ses homologues ouest-africains a d’ailleurs changé ces derniers mois. "Avant, résume le conseiller d’un chef d’État de la sous-région, il disait : "Karim est coupable, nous le prouverons." Aujourd’hui, il est moins sûr de lui. Il maintient qu’il y a eu des détournements, mais il affirme aussi qu’une solution sera trouvée."
Selon ses proches, Sall vit mal cette situation. Karim Wade fut un ami, et même lorsque leurs chemins ont pris des voies différentes, à partir de 2008, ils sont restés en bons termes. "Macky a été très proche de la famille Wade et c’est un sentimental, rappelle un visiteur régulier du palais présidentiel. Ce n’est pas de gaieté de coeur qu’il observe ce qui se passe. Mais ne comptez pas sur lui pour interférer dans les affaires judiciaires. Il fait confiance aux juges." Plusieurs sources affirment qu’il a, au début de la procédure, tenté de convaincre Wade, via des intermédiaires, de rendre l’argent détourné et de trouver un accord à l’amiable. La loi le permet. Mais Karim a refusé. Et la machine judiciaire s’est emballée.
Karim, le symbole de l’opération "mains propres" de Sall
Cristallisant sur sa personne les dérives qui avaient obscurci les douze années de règne de son père, Karim Wade a, dès l’origine, fait office de symbole de l’opération "mains propres" promise par Sall durant la campagne électorale et mise en oeuvre par Aminata Touré, alors garde des Sceaux (et aujourd’hui Première ministre). À la veille de sa première mise en demeure pour enrichissement illicite, en mars 2013, des fuites savamment orchestrées laissaient d’ailleurs entendre que l’ampleur du scandale dépassait de loin tout ce qu’on avait pu imaginer.
Dans sa première évaluation, la Crei chiffrait en effet les richesses accumulées par Karim Wade à 694 milliards de F CFA ! À ceci près que ce trésor ne reposait pas sur des comptes bancaires, des oeuvres d’art, des hôtels particuliers ou des voitures de luxe à son nom. En guise de patrimoine "personnel", la justice l’accusait pour l’essentiel d’être le propriétaire occulte d’une kyrielle de sociétés dont, officiellement, il n’a jamais détenu aucune action ni perçu le moindre bénéfice.
Pour le procureur spécial de la Crei, l’accusation reposait sur une théorie audacieuse : les détenteurs de ces sociétés – notamment les frères Ibrahim et Karim Aboukhalil, issus d’une des familles libanaises les plus fortunées du Sénégal – seraient en réalité les "prête-noms" de Karim Wade. "Une véritable ingénierie financière frauduleuse a été mise à nu", assénait alors Antoine Félix Diome, substitut du procureur spécial.
La fragilité de ces accusations sera illustrée quelques mois plus tard par le cas de DP World Dakar. Créée à la fin des années 2000 pour exploiter le terminal à conteneurs du Port autonome de Dakar, cette filiale sénégalaise de DP World, troisième groupe portuaire mondial et propriété de l’émirat de Dubaï, était initialement détenue par ce holding via une multitude de sociétés offshore. Ce montage avait éveillé les soupçons des magistrats sénégalais : s’agissait-il de rendre opaque l’actionnariat de DP World Dakar ?
Se fondant sur deux témoignages (d’une notaire et d’un commissaire aux comptes, tous deux proches de Karim Wade), le procureur spécial avait déduit que l’influence exercée au sein de l’entreprise par l’ancien ministre d’État prouvait que celui-ci la détenait en sous-main. Aujourd’hui, le nom de DP World n’apparaît plus dans le patrimoine de Karim Wade dans l’arrêt qui le renvoie devant les juges. Tout juste est-il mentionné dans le chapitre "corruption"…
Aucun mouvement financier jamais enregistré entre Aboukhalil et Karim Wade
Selon la loi qui régit le fonctionnement de la Crei, les magistrats de la commission d’instruction devaient théoriquement boucler leur enquête dans un délai de six mois. Mais à la mi-octobre 2013, ils étaient encore loin du compte. À quelques jours de l’échéance fatidique, ils ont alors envoyé une seconde mise en demeure, relative, cette fois, à 30 comptes bancaires identifiés à Monaco.
Parmi ceux-ci, un seul est au nom de Karim Wade (pour un solde de près de 2,5 millions d’euros). Les autres sont enregistrés au nom des frères Aboukhalil, de leurs principaux collaborateurs en affaires ou de leurs sociétés, voire de membres de leur famille. Malgré un courrier de la direction de la banque Julius Baer établissant qu’aucun mouvement financier n’a jamais été enregistré entre la nébuleuse Aboukhalil et Karim Wade, la Crei ne variera pas d’un iota dans sa certitude que ce dernier est le véritable "bénéficiaire économique" des 29 autres comptes.
Ces zones d’ombre ne signifient pas que l’ex-banquier d’affaires est blanc comme neige. "Qui connaît l’ensemble du dossier ? demande un proche du ministre de la Justice. Pour l’instant, on ne sait que ce qui sort dans la presse. Peut-être y a-t-il des éléments concrets qui n’ont pas fuité…" "Attendons le procès, suggère un conseiller de Macky Sall. Nous verrons bien de quels éléments dispose l’accusation." Et d’ajouter : "Il faut savoir que Wade et compagnie ont pillé le pays – je dis bien "pillé". Nous nous en rendons compte chaque jour, dans chaque administration."
JA

29/04/14 Racisme : au Maghreb, les Noirs sont-ils des citoyens comme les autres ?

Bien qu’établies au Maghreb depuis parfois des millénaires, les populations noires souffrent d’un manque de visibilité, voire d’un racisme persistant.
Chapeau de paille à larges bords, costume sombre un peu fatigué, Abdul remonte le chemin qui serpente de la médina de Chefchaouen vers les villages perchés sur les hauteurs du Rif marocain. Employé dans un hôtel de la ville, il regagne son douar au soleil couchant. Il est berbère, dit-il, comme ses voisins blancs de la montagne, mais son ancêtre est arrivé il y a trois siècles du bilad es-sudan, le "pays des Noirs", au-delà du Sahara. L’aïeul faisait-il partie de l’Abid al-Boukhari, l’armée composée d’esclaves noirs qu’avait constituée au XVIIe siècle le sultan Moulay Ismaïl ?
À 5 000 km de là, le 4 avril, dans la ville d’Assouan, en Haute-Égypte, les hommes du clan des Daboudiya, des Nubiens établis dans la région depuis toujours ou presque, attaquaient les Banu Hilal, une tribu arabe dont des membres auraient tagué les murs du quartier noir pour rappeler qu’ils étaient "les maîtres des lieux". Quatre jours de combats ont laissé 26 morts dans les rues de la ville.
Ces deux scènes antithétiques sont symboliques des relations qu’entretiennent les populations noires établies en Afrique du Nord avec les "Blancs", entre symbiose et animosité. Certaines y vivent depuis les temps protohistoriques, mais nombre de leurs membres s’y sentent toujours traités en citoyens de seconde zone, voire en étrangers sur leur terre natale.
En 2004, Jeune Afrique s’était posé la question : "Les Maghrébins sont-ils racistes ?" L’évocation du tabou avait provoqué une tempête de réactions dissonantes. Natifs ou migrants, les Noirs s’indignaient d’être les cibles d’un mépris sans nom, essuyant quotidiennement brimades, crachats et noms d’oiseaux : kahlouch ("nègre"), qird ("singe"), abid ("esclave")… À l’opposé, les Maghrébins blancs s’indignaient de concert que l’on puisse même se poser la question : "Kahlouch, par exemple, est un terme amical que les Noirs acceptent en riant", nous avait écrit un Marocain. Et un lecteur tunisien de conclure que ce que nous considérions comme du racisme était "un comportement spontané, inconscient, ordinaire, sans importance".
Dix ans et un Printemps arabe plus tard, force est de constater que ce regrettable "ordinaire" se perpétue. Pis, ces dernières années, l’attention portée par les médias locaux aux périls que représenteraient les migrants subsahariens donne à ce racisme "spontané" une dimension xénophobe dont les Noirs du Maghreb ne sauraient pourtant être l’objet. Titrant en couverture "Le péril noir" son dossier sur l’immigration en novembre 2012, le magazine Maroc Hebdo semblait ainsi mettre dans le même sac natifs et exilés.
Les préjugés et tabous sont enracinés dans la mémoire collective
Militante tunisienne contre le racisme, Maha Abdelhamid relate que, bien des fois, les taxis de la capitale ne l’acceptent que lorsqu’ils l’ont entendue parler le tunisien natal. Dans le Sud, où des Noirs vivent en nombre depuis des siècles, "le regard est différent et il y a une grande sociabilité, poursuit-elle. Noirs et Blancs se rendent visite, s’invitent aux fêtes, se confient leurs secrets. Mais il y a des barrières invisibles comme celle, quasi infranchissable, du mariage : nous pouvons tout partager sauf le sang".
Du Golfe à l’Atlantique, les préjugés et les tabous sur la peau sombre sont enracinés dans une mémoire collective qui remonte à l’esclavage, figeant l’image de l’homme noir en éternel serviteur. Du Caire à Casablanca, ceux qui reconnaissent le racisme latent de leurs sociétés expliquent : "C’est l’Histoire qui refait surface." Aux XVIIIe et XIXe siècles, près de 2 millions de Subsahariens ont été emmenés en Afrique du Nord pour servir comme soldats, domestiques ou ouvriers agricoles. Les générations issues des anciens maîtres auraient, inconsciem¬ment, perpétué le regard de leurs aïeux sur les descendants des affranchis.
Plus alarmant, les Maghrébins noirs eux-mêmes semblent se soumettre au joug d’une certaine perception de l’Histoire. En mai 2013, des manifestations contre le racisme organisées en Tunisie n’ont rassemblé qu’un petit nombre d’entre eux. Maha Abdelhamid, qui a participé à l’organisation de l’événement, explique : "Les Noirs ont toujours cultivé la discrétion, ils ont peur qu’en s’exprimant cela n’entraîne des réactions hostiles. Et, eux-mêmes, s’ils en parlent entre eux, en viennent à nier l’existence d’un racisme à leur égard. Il y a un double déni."
Le Sahara perçu comme un espace vide et stérile
L’explication par l’Histoire reste partielle : les esclaves blancs étaient également très prisés, jadis, des maîtres du Maghreb, sans que leurs rejetons se voient aujourd’hui qualifiés de mamelouks (soldats esclaves ou affranchis). C’est donc en premier lieu le caractère nigritique de ces populations autochtones qui les voue au racisme "naturel" de leurs compatriotes, au mépris de leur contribution à la grande Histoire de la Méditerranée, qui a vu des pharaons nubiens régner sur l’Égypte, des empereurs à la peau sombre gouverner Rome, l’Abyssin Bilal, l’un des compagnons du Prophète, choisi pour lancer les premiers appels à la prière de l’islam, et nombre de descendants d’esclaves conquérir des positions élevées dans les cours musulmanes, comme Ahmen Ben Moussa, devenu entre 1894 et 1900 grand vizir et régent du Maroc.
Au-delà de la barrière psychique héritée de l’Histoire, les Maghrébins noirs sont victimes d’une représentation fantasmée – et amnésique – de la géographie. Perçu comme un espace vide et stérile, le Sahara constituerait un sas entre une Afrique blanche, arabo-musulmane et civilisée, et une Afrique noire, jungle de bêtes féroces et de sorciers vouée à l’anarchie. C’est oublier les nombreuses voies qui sillonnent le désert depuis des temps immémoriaux.
L’implantation séculaire de l’islam au-delà des fleuves Sénégal et Niger rappelle l’importance des déplacements transsahariens. Avant de soumettre le Maroc septentrional et l’Andalousie, les Almoravides se sont emparés de l’empire du Ghana en 1054, et la confrérie gnaoua serait issue des esclaves emmenés à la conquête du Nord. En 1591, c’est au tour du sultan Al-Mansour de prendre Tombouctou, alors centre universitaire rayonnant de l’islam malékite avec lequel les oulémas d’Afrique du Nord entretenaient des rapports étroits.
Stéphanie Pouessel, qui a dirigé une étude sur les Noirs au Maghreb (Karthala, 2012), "le dispositif scientifico-colonial à l’origine de la construction de ces deux aires", le monde arabe et l’Afrique subsaharienne. Après les indépendances, l’idéologie panarabe a accentué la scission, et le tropisme européen des nouveaux États a achevé de leur faire tourner le dos à leur espace géographique naturel.
Vient alors la grande question : comment distinguer le Noir du Blanc ? Toutes les nuances de peau existent de Tombouctou à Tunis. Et tel, qu’un Noir percevrait comme blanc, peut être perçu comme noir par un Blanc… Paradoxe ultime, un Noir d’Algérie se qualifie plus facilement d’arabe qu’un Blanc du même pays s’avouerait africain. Mais loin de s’exclure, arabité et négritude peuvent se conjuguer. La preuve ? Djibouti, les Comores et la Somalie sont membres de la Ligue arabe. Et la geste du poète guerrier Antar (525-615 apr. J.-C.), un des héros suprêmes de la civilisation arabe, est une magnification du métissage qui devrait être contée à tous les enfants du Maghreb. Fils d’un roi arabe et d’une esclave noire, Antar avait d’abord été rejeté, avant que sa bravoure ne fît de lui un roi adulé.
Aujourd’hui, l’absence de Noirs dans les hautes sphères politiques et économiques des pays du Maghreb – la Libye faisant exception – est pour les militants antiracistes la preuve d’une discrimination sinon dans la loi, du moins dans les faits. Certes, les Maghrébins noirs sont victimes d’un racisme rampant, mais celui-ci n’est pas comparable à la xénophobie politique et idéologique courante en Occident. Le phénomène des migrations a permis que soit ouvert le débat sur la situation des Noirs en général, mais les pouvoirs publics ne semblent pas décidés à prendre des mesures concrètes.
"À moyen terme, un vrai débat aura lieu"
L’expérience du juriste tunisien Yadh Ben Achour, qui a conduit la mise en place des structures gouvernementales postrévolutionnaires, est éclairante : "Lors des travaux sur la Constitution, une association de défense des Noirs est venue demander à l’Assemblée qu’y soit introduite une disposition sur la lutte contre les discriminations raciales. Les députés n’ont pas voulu en entendre parler : "Vous cherchez à créer un problème qui n’existe pas !" Avec les derniers progrès sur la Constitution plutôt libérale qui a été élaborée, les premières portes ont été ouvertes, mais il restera après son adoption de nombreux chantiers, dont celui de la lutte contre le racisme. Avec l’émergence d’une conscience civile sur ce problème et la libération de l’expression, je suis optimiste : à moyen terme, un vrai débat aura lieu et des mesures seront prises pour combattre cette discrimination insidieuse."

JA

29/04/14 Mali : le nouveau ministre de la Réconciliation nationale critiqué par les rebelles touaregs

Dans un communiqué commun diffusé mardi, les leaders des quatre principaux groupes armés du Nord du Mali – MNLA, HCUA, MAA, CPA – critiquent vigoureusement le nouveau ministre de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed.
Le courant ne passe pas. Nommé le 12 avril ministre de la Réconciliation nationale afin de relancer des discussions de paix totalement bloquées, Zahabi Ould Sidi Mohamed n’est visiblement pas en odeur de sainteté auprès de ses interlocuteurs rebelles du Nord. Dans un communiqué cosigné le lundi 28 avril par leurs leaders, les quatre principaux groupes armés se revendiquant de l’Azawad – Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et Coalition pour le peuple de l’Azawad (CPA) – parlent de nouveau d’une seule et même voix pour rejeter "totalement" le plan d’action ministériel visant à relancer le dialogue entre les belligérants.
Selon eux, Zahabi Ould Sidi Mohamed a lancé ce plan de manière unilatérale et sans les consulter. Ils déclarent donc "ne pas reconnaître le ministre de la Réconciliation comme leur interlocuteur" et décrivent ses propos comme "parsemés de contre-vérités et d’incohérences", le tout étant signe d’un "profond amateurisme". En off, les critiques sont encore plus virulentes. "Nous ne parlerons pas avec lui, c’est un traître à la cause de l’Azawad", affirme ainsi un haut responsable touareg. Arabe natif de Tombouctou, Zahabi Ould Sidi Mohamed avait été un des leaders de la rébellion du début des années 1990.
Maintenir le dialogue
Malgré cette offensive contre le nouveau ministre de la Réconciliation nationale, les quatre signataires du communiqué – Bilal Ag Achérif (MNLA), Alghabass Ag Intalla (HCUA), Ahmed Ould Sidi Mohamed (MAA), et Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (CPA) – affirment toutefois vouloir maintenir le dialogue avec les autorités maliennes et "poursuivre la recherche d’une solution durable au conflit" actuel. Ils reconnaissent à cet égard "un seul et unique émissaire officiel" en la personne de Modibo Keïta, ancien Premier ministre désigné il y a quelque jours Haut représentant du président Ibrahim Boubacar Keïta pour le dialogue inter-malien.
Outre la pique contre Zahabi Ould Sidi Mohamed, ce communiqué scelle aussi la réconciliation entre le MNLA de Bilal Ag Achérif et la CPA, une dissidence lancée en mars dernier par Ibrahim Ag Mohamed Assaleh. Les deux rebelles touaregs se sont vus à plusieurs reprises ces derniers jours à Ougadougou et se sont, selon Ag Mohamed Assaleh, "mis d’accord pour adopter une position commune" en vue des négociations à venir avec le gouvernement malien.

JA

29/04/14 Fête internationale de Travail : le mouvement Syndical Guinéen rend hommage aux victimes d’Ebola

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 28 avril 2014, le Mouvement Syndical Guinéen annonce qu’à l’occasion de la Fête Internationale de travail, qu’il compte rendre hommage aux médecins guinéens victimes de la fièvre hémorragique Ebola.
« Cette fête sera consacrée à honorer le courage et le patriotisme de nos travailleurs qui, médecins, personnel de santé, pour sauver des vies humaines, ont perdu les leurs dans la dure épreuve que notre pays traverse en ce moment, conséquence de l’épidémie de la Fièvre Ebola » indique le mouvement syndical dans cette déclaration.
Le 1er mai donc, le Mouvement syndical guinéen prie les travailleurs où qu’ils se trouvent, à observer une minute de silence à la mémoire des victimes.
« Pour le repos de leurs âmes, le Mouvement Syndical guinéen recommande à toutes les structures syndicales, de toutes les préfectures ou communes, d’organiser la lecture du Saint Coran dans les mosquées et de ferventes prières dans les Eglises » annonce cette même déclaration.
A Conakry, la Grande Mosquée Fayçal est retenue pour la lecture du Saint Coran le jeudi 1er mai à 12h 30, suivie de la prière de 14 heures. Les chrétiens eux, organiseront leur prière le dimanche, 4 mai 2014.
En outre, le Mouvement syndical guinéen, invite ardemment chaque structure, chaque travailleur à souscrire à une aide financière ou matérielle à l’intention des familles éplorées.
BAH Kouré

29/04/14 Démission au sein du parti GPT

Les différences politiques de fond avec la direction du parti Guinée Pour Tous (GPT), notamment sur son administration, son fonctionnement et sur son positionnement sur l’échiquier politique. Telles sont entre autres les raisons évoquées par Sékou Chérif Fadiga de la direction du parti GPT pour rendre le tablier. Dans un courrier adressé au président de GPT Kassory Fofana, Sékou Chérif Fadiga a décidé de mettre fin à sa participation aux activités du parti. Lisez l’intégralité :
« Il y a plus d’un an maintenant, juste après mon départ d’un parti concurrent qu’il n’est pas nécessaire de nommer, je m’engageais à vos côtés dans GPT, pour m’avoir sollicité à venir travailler avec vous, en y apportant mon expérience et mon savoir-faire. Compte tenu des relations d’amitié qui nous unissent et surtout à cause de l’identité de vues et de la similitude de jugement, je n’avais pas hésité un seul instant à vous rejoindre dès lors que votre parti et moi-même étions dans la contestation de la gouvernance de l’actuel président de la République que nous avions contribué à porter au niveau de responsabilité qui est aujourd’hui le sien ; sans doute incarnait-il à nos yeux le meilleur choix pour notre pays. A notre décharge, dès que nous avions constaté des dérives en tout genre, nous avions aussitôt exprimé notre désaccord, rejoignant ainsi l’opposition républicaine jusqu’à l’avènement des dernières élections législatives qui se sont déroulées dans des conditions que je laisse à l’appréciation des Guinéens.
Permettez-moi, Monsieur le Président de GPT, de vous faire observer que j’ai fait mes classes politiques dans un environnement où les cadres sont habitués, avant toute décision qui les engage, à débattre des questions d’intérêt général et de stratégies lisibles par l’opinion nationale. Malheureusement, il n’y a eu à ma connaissance, au sein de GPT, aucun débat sur la stratégie, sur les alliances, sur le choix des hommes et des femmes, et sur le positionnement du parti. Tout se passe sans concertation pour ne pas dire en silence. Personne ne sait de façon objective si GPT inscrit désormais son action dans le soutien à la politique du gouvernement ou dans celui d’une opposition affirmée et déterminée. Puisque le débat politique a besoin de clarté, je ne puis m’accommoder de la seule réponse du « Ni l’un, ni l’autre ».
M’adressant à l’opinion nationale, voici que depuis la fin de la dictature du parti unique, notre pays ne cesse de souffrir des tergiversations et des ambigüités de son élite intellectuelle, des égoïsmes de ses forces morales et spirituelles qui ont pris pour habitude de toujours se ranger du plus côté du plus fort du moment, c’est-à-dire le détenteur du pouvoir même quand tout va mal. M’inscrivant dans une dynamique qui va dans le sens de l’histoire, je décide avec un réel pincement au cœur, de mettre fin à ma participation aux activités de GPT.
Très sincèrement.
Sékou Chérif Fadiga »

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