La campagne pour le second tour de l’élection présidentielle du 18 mai en Guinée-Bissau a été lancée vendredi pour deux semaines, premier jour marqué à Bissau par une forte animation et des annonces de soutien à un des deux candidats.
Les rues de la capitale Bissau ont renoué avec des ambiances de fête, avec des défilés de militants en T-shirts à l’effigie des candidats accompagnant des camions de sonorisation, tandis que de nouvelles affiches étaient visibles à travers la ville, a constaté un journaliste de l’AFP. Les partisans de Nuno Gomes Nabiam, candidat indépendant soutenu par l’ex-président Kumba Yala décédé le 4 avril, étaient plus visibles que ceux de son rival, José Mario Vaz, du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), la première formation du pays.
A l’état-major de campagne de M. Vaz, arrivé en tête au premier tour le 13 avril, avec 40,89% des voix, on a expliqué cette faible présence sur le terrain par le fait que le PAIGC a officiellement lancé sa campagne à Buba (300 km au sud de Bissau). M. Nabiam, qui a obtenu 24,79% des voix au premier tour, a reçu vendredi le soutien de 13 des 15 partis qui avaient présenté des candidats aux législatives, organisées également le 13 avril.
Nouveau départ
"Nuno Nabiam représente toute la Guinée-Bissau. Il n’y a donc aucune raison que nous ne lui apportions pas notre soutien", a affirmé à la presse Afonso Té, candidat malheureux au premier tour de la présidentielle et chef d’un des partis. Sa formation, qui avait trois députés au sein de la précédente Assemblée nationale, n’a pas réussi à obtenir de siège aux dernières législatives. M. Nabiam s’est déclaré confiant en sa victoire. "Après plusieurs années de convulsions, de coups d’Etat et d’assassinats politique, cette élection est une occasion de mettre un terme à cette situation. (…) Le plus important est de garantir la paix et la stabilité", a-t-il dit à la presse.
Ni José Mario Vaz, ni aucun membre de son entourage proche n’avaient pu être joints vendredi soir par l’AFP. Mercredi, les deux candidats se sont engagés à respecter les résultats du scrutin, après avoir été longuement reçus par le président de transition Manuel Serifo Nhamadjo en présence du chef de l’ONU en Guinée-Bissau, José Ramos Horta.
Le pays, une ancienne colonie portugaise, est habitué à l’instabilité politique depuis son indépendance en 1974. Le processus électoral en cours doit y rétablir la légalité constitutionnelle deux ans après un coup d’Etat militaire survenu le 12 avril 2012, entre les deux tours d’une présidentielle.
JA
03/05/14 Guinée-Bissau : la campagne pour le deuxième tour de la présidentielle est lancée
03/05/14 Ouverture à Conakry de la 23 ème session du conseil des ministres de l’Union du Fleuve Mano
Les travaux de la 23 ème session du conseil des ministres de l’Union du Fleuve Mano à débuter hier vendredi 02/05/2014 à Conakry.
Ainsi pendant deux jours, les délégués des quatre pays membres à savoir la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia et la Cote d’Ivoire, vont parler de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de l’union du Fleuve Mano prévu pour le dimanche 04 mai à Conakry.
Ces 48heures vont permettent d’échangés et de débattre, sur la révision et l’adoption de la nouvelle structure du Secrétariat de l’union. Et les décisions prises seront accompagné de la désignation des personnes aux postes des secrétariats généraux adjoints de l’organisation.
Guineediversite.com
03/05/14 Amara Traoré après son limogeage: "je n’ai aucun regret"
Le technicien sénégalais Amara Traoré, a déclaré n’avoir aucun regret après son limogeage de la tête du Horoya AC de Conakry, le triple champion de Guinée éliminé au tour de recadrage de la Coupe de la Confédération, a appris APA jeudi à Conakry.
« Je n’ai aucun regret, l’équipe a fait une bonne performance en coupe d’Afrique ce qui était un objectif qu’on voulait atteindre même si en championnat il nous reste encore 12 journées ».
L’ancien capitaine et entraineur des Lions du Sénégal a dit avoir gardé de bons souvenirs du Horoya AC de Conakry qui a réussi l’exploit d’éliminer le Raja de Casablanca, pourtant vice-champion du monde des clubs, en seizième de finale de la Ligue africaine des champions.
« Je garde un très grand souvenir de cette équipe avec un président formidable qui affiche de grandes ambitions. Je suis fier et honoré de faire partie des gens qui ont fait avancer et grandir ce projet ».
Après cinq mois de collaboration, les dirigeants du Horoya AC de Conakry ont annoncé le limogeage de Amara Traoré pour insuffisance de résultats.
APA
03/05/14 Journée mondiale de la liberté de presse : le ministre de la communication fait le point
L’humanité célèbre ce samedi 03 mai 2014 la journée internationale de la presse. En prélude à cette commémoration, le ministre de la communication a fait une déclaration. Déclaration dans laquelle Alhouseini Makanera Kaké a présenté la mission de son département.
Lisez l’intégralité de cette déclaration.
La journée mondiale de la liberté de la presse offre chaque année l’occasion de rendre hommage aux acteurs des médias.
Cette année la journée du 3 mai est célébrée sous le thème: la liberté des Médias pour un avenir meilleur, contribué à l’agenda de développement 2015.
En Guinée, cette journée intervient à un moment particulièrement expressif des mutations engagées par le gouvernement pour la professionnalisation des médias. Cette volonté politique du président de la république est exprimée à travers la lettre de mission assignée au ministre de la communication. Il s’agit entre autres :
D’élargir à tout le pays, la couverture des radios et télévisions nationales ;
De promouvoir la presse écrite en ligne ;
Contribuer au renforcement de l’Etat de droit et de la démocratie en Guinée ;
De professionnaliser la presse privée et publique ;
Déjà, on peut se réjouir des innombrables progrès enregistrés dans la promotion d’une presse libre et responsable au service de la démocratie et de l’Etat de droit ;Au nombre de ces progrès, on peut citer :
55 radios et télévisions privées agrées ;
La parution de plus d’une centaine de journaux ;
La presse en ligne est devenue effective ;
La promulgation de la loi sur la liberté de la presse ;
La dépénalisation du délit de presse ;
La loi sur l’accès à l’information ;
La subvention de l’Etat aux médias privés.
Le mérite revient aux journalistes, techniciens, associations de presse, organes de régulation, aux partenaires au développement mais aussi et surtout au Pr alpha CONDE, qui accorde une place prépondérante aux médias dans sa vision de faire de la Guinée un pays émergent.
Toutefois, pour que ces acquis soient effectifs, l’implication de toutes les associations de presse s’impose. Leur mission sera surtout de faire telle sorte que les médias s’approprient l’esprit que la liberté de la presse ne peut s’exercer pleinement qu’avec un sens élevé de responsabilité, de respect des lois et règlements, de l’éthique et de la déontologie.
Pour ma part je vous rassure de mon engagement indéfectible de soutenir toutes les initiatives dans le sens de la protection et de la promotion de la liberté de la presse.
C’est donc l’occasion pour moi de féliciter la presse nationale publique et privée pour l’engagement et le sens de responsabilité dont elle a fait preuve à l’occasion des grands rendez-vous politiques, comme la couverture médiatique de l’élection présidentielle et récemment des législatives et comme c’est le cas actuellement de la couverture médiatique de la fièvre hémorragique Ebola en passe d’être vaincu grâce à une implication tout azimut des hommes de médias. Des initiatives comme la synergie des radios publiques et privées, des émissions interactives, des débats sur le droit et la démocratie sont des acquis à mettre à l’actif de la jeune et vaillante presse nationale.
Mes remerciements vont également à l’endroit de tous les partenaires pour l’assistance technique et financière qu’ils apportent pour la promotion d’une presse nationale, responsable au service de la paix, de la cohésion sociale et du développement.
Vive la journée internationale de la liberté de la presse
Vive la presse nationale
03/05/14 Liberté de la presse: une situation très disparate en Afrique
Le 3 mai marque la journée mondiale pour la liberté de la presse. Sur le continent africain, on le sait, la liberté d’expression varie du tout au tout, entre une liberté totale et une absolue répression.
■ Sénégal : la dépénalisation des délits de presse en débat
Les médias sénégalais bénéficient d’une liberté d’expression considérable. Seulement, le secteur doit être assaini. Un code de la Presse a été élaboré il y a quatre ans et fait toujours l’objet de débat. Le président Macky Sall a annoncé une seconde relecture de ce texte à l’Assemblée nationale. Seulement ce qui fait blocage, c’est la dépénalisation des délits de presse, contenu dans ce code.
Au Sénégal, il n’y a pas de critère pour être journaliste. Il n’existe d’ailleurs pas de statistiques sur le nombre de journalistes exerçant la profession. Pour mieux encadrer tout cela, le nouveau code de la Presse définit des critères bien précis du statut de journaliste : il faut avoir fait une école reconnue par la profession, ou bien avoir une licence et avoir exercé pendant au moins deux ans dans une rédaction.
Ce texte prévoit d’assainir l’environnement des médias. Et surtout, une dépénalisation des délits de presse. Bacary Domingo Mané, directeur du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored), propose la création d’un tribunal des pairs pour juger les délits :
« Non seulement on va imposer une amende aux organes de presse, mais en plus, au lieu qu’un citoyen saisisse le tribunal de droit commun, nous l’encourageons plutôt à saisir le tribunal des pairs. Les sages vont entendre le journaliste, vont examiner si ce que l’on reproche au journaliste est vrai. Si c’est le cas, la sanction tombe. Celle-ci va de l’avertissement au retrait de la carte, retrait provisoire ou bien définitif. »
Mais ce texte dort dans les tiroirs, précisément parce qu’une bonne partie des députés s’oppose à la dépénalisation des délits de presse. Pour Moustapha Diakhaté, qui dirige la coalition Benno Bokk Yakaar, majoritaire à l’Assemblée, ce point viole le principe d’égalité des citoyens devant la loi. Ce député estime qu’il sera « difficile d’éviter des cas de diffamations et de diffusion de fausses information » avec une telle disposition.
• Johnny Bissakonou, journaliste centrafricain
■ Algérie : une liberté de ton qui n’est pas sans conséquence
En Algérie, les journaux ont une certaine liberté de ton. Mais la loi sur les délits de presse est sévère et prévoit des peines de prison et les autorités n’hésitent pas à l’utiliser. Le traitement de l’élection présidentielle a été l’exemple de cette dualité.
Des photos du président en robe de chambre à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris ou en fauteuil roulant le jour du vote en une, des titres comme « Il a osé », des articles sur le nombre de mots que le président devait prononcer lors de sa prestation de serment des dessins de presse qui représentent Abdelaziz Bouteflika inconscient ou sur un lit d’hôpital… De nombreux journaux algériens ont été très critique vis-à-vis du pouvoir au cours de la campagne électorale et n’ont pas éludé l’état de santé du président.
Mais cette liberté de ton, qui existe surtout dans la presse privée, ne parvient pas à dissimuler les nombreuses difficultés rencontrées par les médias au cours des derniers mois. Il y a d’abord eu la télévision AtlasTv, dont la diffusion s’est arrêtée du jour au lendemain après une perquisition de la gendarmerie. Ensuite, c’est le présentateur d’une émission de débat qui a été suspendu après avoir demandé à l’ancien Premier ministre s’il n’en faisait pas trop en estimant que Bouteflika était le roi des Algériens. Enfin, des journalistes d’El-Watan ont été poursuivis en voiture et attaqués alors qu’ils enquêtaient sur la fraude le jour de l’élection. Bien qu’ils aient identifié leurs agresseurs, l’enquête est au point mort.
Dans un message lu hier à la télévision par les présentateurs, le président Bouteflika a assuré qu’il veillerait à ce que la liberté de la presse soit libérée de toute restriction, à l’exception de celles prévues par la loi.
■ Rwanda: une situation répressive
Selon Reporters sans frontières, le gouvernement rwandais est plutôt un mauvais élève en la matière. Dans ses derniers communiqués, l’organisation explique que les journalistes, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, sont victimes d’actes intimidations, et sont donc obligés de fuir, sont emprisonnés ou même parfois tués.
Un journaliste rwandais, Bob Mugabe, a décidé de boycotter les festivités, qui se tenaient en avance d’une journée. Il l’a annoncé sur sa page Facebook, créant une polémique. Il s’en explique :
« Je n’aime pas l’idée de célébrer quelque chose qu’on n’a pas. Les journalistes indépendants ne peuvent pas travailler librement dans le pays. Ils sont harcelés, suivis, visés. Ils ont beaucoup de problèmes de sécurité. Si vous vous montrez critiques, vous êtes considérés comme un ennemi de l’Etat. Je pense qu’il faut que ça s’arrête, qu’on arrive à en parler avec le gouvernement. Pour qu’il laisse les médias indépendants se développer au Rwanda.
Si vous essayez de créer une publication indépendante, personne ne vous achètera de publicité jusqu’à ce que vous publiez des sujets qui collent à la vision du Rwanda prônée par le gouvernement. Et de fait, même le secteur privé est contrôlé par l’Etat. Il y a aussi l’attitude d’organisations, comme le programme des Nations unies pour le développement (Pnud), qui prétendent donner de l’argent aux journalistes pour soutenir la liberté de la presse. Mais cet argent va directement au gouvernement qui le distribue à ceux qui reprennent le point de vue du gouvernement. Ce qui est aussi mauvais. »
La critique est acerbe. Mais Bob Mugabe se dit « prêt à affronter toutes les situations. Je ne crois pas que la liberté vous sera donnée comme un cadeau. Des gens doivent se battre pour ça et peuvent même en payer le prix. »
Fred Muvunyi est le président de la Commission rwandaise des médias (RMC), qui a plusieurs fois ce dernières semaines pris la défense de confrères en difficulté. Lui estime que des progrès ont tout de même été réalisés au cours de l’année écoulée. Exemple : la création de l’organe qu’il dirige.
« Depuis l’année dernière, il y a eu des progrès remarquables en ce qui concerne la régulation. La loi sur les médias a été modifiée. De plus, nous avons créé un organe de régulation qui permet aux médias eux-mêmes et pas au gouvernement de contrôler ce que fait la presse. Donc pour nous, avoir la Commission rwandaise des médias, c’est déjà un pas vers la liberté de la presse pour laquelle nous nous battons depuis plusieurs années. Il y a aussi la loi d’accès à l’information qui oblige les officiels à se mettre à disposition de la presse. Ca aussi, c’est un progrès.
Mais il y a aussi des défis. Il y a toujours des membres du gouvernement qui veulent s’ingérer dans les affaires des médias. La censure est encore trop forte. Les journalistes ont toujours peur de faire les sujets controversés. Même la police continue de mettre des journalistes en prison pour diffamation. Et nous avons demandé au gouvernement de revoir le code pénal et l’article lié à la diffamation. »
■ Madagascar : une presse aux mains d’intérêts privés
Quelles sont les conditions de travail des journalistes malgaches ? Selon le dernier classement de Reporters sans frontières, Madagascar se situe plutôt dans les bons élèves en matière de liberté de la presse, et se classe 81e sur 180 pays. C’est mieux que des pays comme la Grèce ou la Côte d’Ivoire par exemple.
Ce classement RSF se base sur des critères comme la sécurité physique des journalistes dans l’exercice de leur travail, l’ingérence du pouvoir en place dans leur travail ou encore le degré d’auto-censure. Mais à Madagascar, si la liberté d’opinion est réelle – il suffit de regarder les unes des journaux qui s’affrontent chaque matin -, la réalité est plus complexe.
Les organes de presse appartiennent tous à des hommes politiques ou des opérateurs économiques qui défendent leurs intérêts. Mais surtout, les journalistes sont sous-payés. Une large partie (parfois la moitié) de leur salaire mensuel vient des « indemnités de déplacement », une enveloppe d’argent que leur remettent les ministères et les entreprises, systématiquement, après chaque conférence de presse.
On appelle cette enveloppe « la felaka », littéralement « la gifle ». Tous les journalistes contactés disent la même chose : ils sont obligés d’acceptés cette enveloppe, parce qu’ils sont sous-payés. Le salaire d’un journaliste, y compris dans les grand journaux, varie de 50 à 100 euros par mois, grand maximum. Une journaliste raconte que cette enveloppe est faite pour influencer ses articles, mais qu’en réalité, sa liberté d’expression s’arrête où commence les intérêts de son patron.
Joint par téléphone, Rocco Rasoanaivo, président du syndicat des journalistes, et lui même directeur du quotidien La Nation le reconnait : la liberté d’expression est soumise aux « caprices » des patrons de presse, qui sont toujours des hommes politiques, des opérateurs économiques, voire les deux. Et selon lui le problème, c’est l’investigation : impossible d’enquêter en profondeur sur certains sujets comme la corruption ou comme les trafics de bois de rose.
Ce journaliste d’un grand quotidien confirme : « même si j’ai été témoin visuel de quelque chose d’illégal qui implique un homme politique ou un opérateur puissant, je ne citerai pas son nom. Parce que ma parole, en face de lui, ne vaut rien. »
■ Amadou Makhta Ba : « Vous ne pouvez pas être indépendant si vous avez faim »
En Afrique, l’un des enjeux principaux est d’ordre économique et salarial. Le salaire étant gage d’indépendance du journaliste. Or, bien souvent, les journalistes africains sont mal payés. Pour Amadou Makhta Ba, président de l’Initiative des médias d’Afrique et co-fondateur de All Africa.Com, la solution peut venir des nouvelles technologies et notamment des supports téléphonies mobiles.
« Il y a des pays où, en fait, le salaire, c’est votre carte de presse. Tout simplement. L’organe de presse ne vous paie pas, mais avec votre carte de presse, vous pouvez avoir accès à des ressources financières . (… ) Le manque de capital de nos organes de presse dans le continent fait que nos médias ne peuvent pas être complètement indépendants : vous ne pouvez pas être indépendant si vous avez faim ».
Pointant le fait qu’il y a aujourd’hui en Afrique « 700 millions de personnes qui ont accès au mobile », Amadou Makhta Ba plaide pour un travail soit mené entre journalistes et opérateurs de téléphonie mobile « pour que le travail qu’ils sont en train de faire sur les réseaux sociaux puisse être rémunéré d’une façon ou d’une autre à travers ces opérateurs de Télécom, pour que ce travail journalistique extraordinaire qui est fait puisse se faire rémunérer et ainsi puisse être pérenne ».
RFI
03/05/14 Journée mondiale de la liberté de la presse 14 : pour informer les citoyens sur les atteintes portées à la liberté de la presse
Tous les ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession.
Le thème 2014 : La liberté des medias pour un avenir meilleur : contribuer à l’agenda de développement post-2015.
Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la vingt-sixième session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991.
La date du 3 mai permet d’informer les citoyens sur les atteintes portées à la liberté de la presse. Dans des dizaines de pays à travers le monde, des publications sont censurées, condamnées, suspendues ou tout simplement n’ont plus le droit de paraître, alors que des journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs sont harcelés, attaqués, détenus ou même tués.
A la faveur de cette date, nous pouvons encourager et développer des initiatives en faveur de la liberté de la presse mais également évaluer l’état de la liberté de la presse à travers le monde.
La Journée sert aussi de rappel aux gouvernements sur la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la liberté de la presse, de moment de réflexion pour les médias professionnels sur les questions relatives à la liberté de la presse et à la déontologie, de soutien pour les médias qui font l’objet de restrictions ou dont la liberté d’expression est muselée.
C’est également une journée du souvenir pour les journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession.
– See more at: http://fr.unesco.org/events/journ%C3%A9e-mondiale-libert%C3%A9-presse-2014#sthash.8so0p8pA.dpuf
Tous les ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession.
Le thème 2014 : La liberté des medias pour un avenir meilleur : contribuer à l’agenda de développement post-2015.
Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la vingt-sixième session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991.
La date du 3 mai permet d’informer les citoyens sur les atteintes portées à la liberté de la presse. Dans des dizaines de pays à travers le monde, des publications sont censurées, condamnées, suspendues ou tout simplement n’ont plus le droit de paraître, alors que des journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs sont harcelés, attaqués, détenus ou même tués.
A la faveur de cette date, nous pouvons encourager et développer des initiatives en faveur de la liberté de la presse mais également évaluer l’état de la liberté de la presse à travers le monde.
La Journée sert aussi de rappel aux gouvernements sur la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la liberté de la presse, de moment de réflexion pour les médias professionnels sur les questions relatives à la liberté de la presse et à la déontologie, de soutien pour les médias qui font l’objet de restrictions ou dont la liberté d’expression est muselée.
C’est également une journée du souvenir pour les journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession.
unesco.org
03/05/14 MINES: Le président guinéen défend sa politique de remise à plat des concessions minières
Le président de la Guinée, Alpha Condé, a défendu cette semaine à Genève la décision de son pays d’annuler des centaines de permis d’exploitation minière, dont ceux détenus par un groupe contrôlé par un milliardaire franco-israélien qui fait l’objet d’une enquête pour corruption.
"Nous avons décidé de faire la revue de tous les permis. Donc ceux qui sont en situation normale, on continue et on ratifie. Ceux qui ne remplissent pas les conditions, on leur donne un délai pour se mettre en règle. Ceux qui sont totalement hors jeu, on retire", a déclaré le dirigeant agé de 76 ans lors d’un passage à Genève, important centre mondial de négoce des matières premières.
Le minerai de fer est un matériau très demandé dans un contexte de forte demande des économies émergentes telles que la Chine et les droits miniers s’arrachent sur les marchés internationaux.
Après son élection en 2010, après des années de combat politique comme leader de l’opposition, prisonnier et exilé, Alpha Condé a lancé une remise à plat de tous les permis d’exploitation minière accordés sous la junte de son prédécesseur Lansana Conté (1984-2008).
La Guinée, un pays d’Afrique occidentale doté d’un riche sous-sol est le premier producteur mondial de bauxite, utilisé pour la production de l’aluminium, et possède aussi des mines de diamants, d’or et d’uranium.
– 800 permis retirés –
La principale victime des retraits est le consortium VBG formé en 2010 par le géant minier brésilien Vale et BSG Resources (BSGR), bras minier du groupe du diamantaire franco-israélien Beny Steinmetz, résidant à Genève.
En avril dernier, VBG a perdu la concession des montagnes Simandou, un massif dont les réserves en minerai de fer son estimées à 2,25 milliards de tonnes. Le retrait de permis fait suite à des soupçons de corruption pesant sur BSGR, ce que le groupe dément vigoureusement, et qui ne concernent pas Vale selon la Guinée.
Pour le président Condé, il ne s’agit que d’un cas parmi d’autres car, au total, 800 permis ont été retirés.
"Nous avons retiré des permis dans le domaine du fer, de la bauxite, de l’or et des diamants," a-t-il précisé.
Le but est de mobiliser les ressources de son pays, qui compte 10 millions d’habitants.
"Nos richesses ne nous ont servi à rien, cela a été plutôt une malédiction. Maintenant il faut que ces richesses deviennent une bénédiction. Il nous faut une coopération gagnant-gagnant avec les sociétés minières", a-t-il dit.
"Ce que est vraiment scandaleux dans le cas de la Guinée, c’est que vous avez des gens qui prennent des permis, et qui gagnent de l’argent en Bourse en jouant sur les permis", a-t-il ajouté.
– 14 fois la mise –
A l’origine, les quatre concessions de Simandou étaient détenues par le géant anglo-australien Rio Tinto. En 2008, sur injonction du régime Conté, il a été obligé d’en rendre deux, qui ont été attribuées à BSGR.
Selon BSGR, Lansana Conté a pris cette décision parce que Rio Tinto, en pleine restructuration, avait négligé le développement de Simandou. Mais l’accord, signé sur le lit de mort de l’homme qui avait dirigé le pays pendant 24 ans a suscité des interrogations.
Les Guinéens ont été scandalisés d’apprendre que BSGR, qui avait payé 170 millions de dollars, a revendu deux ans plus tard la moitié de ses droits à Vale pour un prix 14 fois supérieur.
Les soupçons de corruption ont conduit Alpha Condé à lancer une remise à plat des permis il y a deux ans.
Le comité officiel de réexamen des permis miniers, qui a utilisé des preuves fournies par le FBI américain, a conclu en avril que BSGR avait utilisé des intermédiaires pour payer des pots-de-vin d’au moins 3 millions de dollars à l’épouse de Lansana Conté, Mamadie Touré.
BSGR a vigoureusement rejeté ces accusations, accusant à son tour le gouvernement guinéen de s’appuyer "sur des affirmations inventées, des témoins douteux et des procédures illégales". BSGR a aussi accusé Alpha Condé d’avoir mis un point un "plan soigneusement orchestré" pour récompenser ses alliés politiques en leur donnant des droits miniers.
Alpha Condé a rejeté en bloc toutes ces accusations.
"Après une longue enquête notamment aux Etats-Unis et en Suisse, le comité a proposé le retrait des permis et c’est ce que nous avons fait", a-t-il dit. "Nous avons constaté que Vale, d’après toutes les enquêtes, non seulement n’était pas mêlé à la corruption, mais ignorait les conditions d’acquisition".
Vale de son côté s’est retourné contre son ancien partenaire BSGR auquel il demande 1,1 milliard de dollars de dommages et intérêts devant un tribunal d’arbitrage à Londres, selon le journal suisse Le Temps
AFP
03/05/14 Somalie: au moins sept morts dans une explosion à Mogadiscio
Au moins sept personnes ont été tuées samedi par une puissante explosion causée par une bombe près du centre de la capitale somalienne Mogadiscio.
"Plusieurs personnes ont été tuées, il y en a au moins sept, dont quatre civils et trois policiers", a déclaré sur les lieux du drame un policier, Mohammed Duale, à un journaliste de l’AFP.
AFP
03/05/14 Mali : les députés ont validé le programme du Premier ministre, Moussa Mara
Les députés maliens ont adopté vendredi à une large majorité le programme de gouvernement du nouveau Premier ministre Moussa Mara, qui a appelé à un "sursaut national" pour rendre au Mali sa dignité après une profonde crise politico-militaire, a constaté un journaliste de l’AFP.
La déclaration de politique générale, que M. Mara avait présentée à l’Assemblée nationale malienne le 29 avril, a fait l’objet de débats pendant près de 13 heures, avant d’être soumise au vote. Parmi les députés présents ou ayant donné procuration, 121 ont voté pour, 22 contre, il n’y a pas eu d’abstention. L’Assemblée nationale malienne compte 147 élus au total, avec une majorité absolue pour le parti du président Ibrahim Boubacar Keïta, le Rassemblement pour le Mali (RPM), et ses partis alliés.
Lors des débats, un député a accusé le gouvernement d’avoir acheté dans l’opacité un avion présidentiel à 17 milliards de FCFA (près de 26 millions d’euros), ce à quoi le Premier ministre a longuement répondu. Selon Moussa Mara, l’acquisition de l’appareil pour un montant de 20 milliards de FCFA (près de 30,5 millions d’euros), en comptant les "frais d’achat, de transport et d’assurance", était devenue nécessaire. Le précédant avion de l’ex-président malien Amadou Toumani Touré, renversé par un coup d’État militaire en mars 2012 et qui a ensuite formellement démissionné, était techniquement défaillant.
Réforme de l’année
En présentant le 29 avril sa déclaration de politique générale aux députés, Moussa Mara a appelé son pays à "sursaut national", pour définitivement tourner la page de la crise politico-militaire ayant secoué le Mali pendant 18 mois entre 2012 et 2013. Une intervention militaire internationale déclenchée par la France en janvier 2013 – et toujours en cours – a aidé à neutraliser en partie des groupes islamistes armés qui ont occupé le nord du pays pendant près de dix mois entre 2012 et début 2013.
"Notre armée a été conçue pour faire face à des menaces d’armées conventionnelles. Or, ce temps est passé. Nous devons donc la revoir", a affirmé Moussa Mara dans son programme gouvernemental s’étendant jusqu’à 2018. Cette "réforme du secteur de la sécurité coûtera cher (…) Avec une armée à rebâtir, des actions de sécurisation à mener, pendant plusieurs années, sur un théâtre d’opérations qui est équivalent à la moitié de l’Europe, nous serons obligés d’accroître de manière significative nos dépenses militaires et de sécurité. Nous aurons besoin sans doute de plusieurs centaines de milliards de FCFA", a-t-il dit.
Actuellement, a-t-il précisé, "nous disposons d’environ 8.300 hommes et de plus de 1.000 véhicules sur le théâtre des opérations" dans le Nord, et les soldats maliens travaillent "en partenariat" avec la force française Serval et celle de l’ONU, la Minusma, "en vue de surmonter les énormes difficultés de sécurisation du territoire".
Reprise économique
Au plan économique, après "deux années moroses (2012 et 2013), nous nous attendons à un taux de croissance économique de 6,5% en 2014, que nous nous efforcerons de reproduire en 2015", a encore affirmé Moussa Mara.
Sur la réconciliation nationale, qui stagne depuis des mois, il a promis que l’équipe de négociateurs "s’emploiera à aller rapidement" dans les discussions avec les groupes armés et d’autres représentants des différentes communautés du Nord.
Depuis l’entrée en fonction du président Ibrahim Boubacar Keïta en septembre 2013, aucune négociation formelle n’a eu lieu entre le gouvernement et les groupes armés, alors qu’un accord préliminaire de paix signé en juin 2013 à Ouagadougou stipulait que des négociations devaient s’ouvrir dans les deux mois suivant la formation d’un nouveau gouvernement.
JA
02/05/14-Guinée : Rio Tinto porte plainte contre Vale et BSGR
Rio Tinto a porté plainte contre le groupe brésilien Vale et BSGR, le groupe minier du milliardaire israélien Beny Steinmetz, rapporte l’agence "Reuters". Le groupe australien les accuse de l’avoir spolié de ses concessions minières sur le gisement de fer de Simandou.
Le groupe australien Rio Tinto a annoncé le mercredi 30 avril avoir déposé une plainte contre son concurrent le brésilien Vale et BSGR, le groupe minier du milliardaire israélien Beny Steinmetz. Le géant minier les accuse notamment de l’avoir spolié de ses concessions minières sur le gisement de fer de Simandou, rapporte l’agence Reuters.
Retrait
La plainte, déposée devant la Cour fédérale des États-Unis pour le district sud de New York, a trait à la perte par Rio Tinto de la moitié des droits miniers détenus sur le gisement de Simandou. En effet, le groupe minier s’est vu dépossédé de ses deux permis sur le côté nord du site en août 2008 par le gouvernement de l’ex-président Lassana Conté, au motif qu’il ne faisait pas assez pour développer la mine.
En décembre de la même année, quelques jours à peine avant la mort du dictateur, ces permis étaient attribués à BSGR. L’entreprise israélienne a ensuite revendu 51% de ses parts au brésilien Vale pour 2,5 milliards de dollars en 2010, formant avec cette dernière une co-entreprise, VBG, pour assurer le développement du site.
Résiliations
Depuis le vent a tourné pour BSGR. Après l’élection du président Alpha Condé, en décembre 2010, les autorités guinéennes ont lancé un audit de tous les contrats miniers octroyés avant leur arrivée au pouvoir. Ces enquêtes ont abouti fin avril 2014 à la résiliation du permis minier octroyé à BSGR sur le gisement de Simandou, conformément aux recommandations d’un rapport d’audit signalant "l’existence de pratiques de corruption" ayant entaché l’octroi de ce titre.
Parallèlement, Mamadie Touré, la 4ème épouse de l’ancien président Lansana Conté, actuellement aux Etats-Unis, est soupçonnée par la Guinée et le FBI américain d’avoir fait jouer ses bons offices au profit de BSGR, en échange du paiement d’un pot de vin. Deux responsables guinéens du groupe de Beny Steinmetz ont d’ailleurs été emprisonnés pendant sept mois à Conakry avant d’être libérés fin novembre dernier.
Réactions
"Le préjudice subi par Rio Tinto est réel et représente la perte de plusieurs milliards de dollars d’actifs", a indiqué Rio Tinto, cité par Reuters. Le groupe australien argue que "ce vol" tombe sous le coup de la loi RICO ("Loi fédérale sur les organisations motivées par le racket et la corruption" adoptée en 1970 par les États-Unis).
Contacté par l’agence de presse, Murilo Ferreira, patron de Vale, a déclaré qu’il était trop tôt pour se prononcer sur la plainte de Rio Tinto et ajouté que le groupe brésilien examinait ses options quant au rôle qu’il compte jouer en Guinée après avoir perdu les concessions sur Simandou. Un porte-parole de BSGR, cité par Reuters, a jugé la plainte de Rio Tinto "sans fondements et bizarre".
Enfin, Damantang Albert Camara, porte-parole du gouvernement de Guinée, s’est contenté d’indiquer selon la même source qu’il s’agissait d’un conflit entre sociétés minières dans lequel Conakry n’avait aucune intention d’interférer, avant de rappeler que de nouveaux appels d’offres seraient de toute façon lancés pour désigner les nouveaux propriétaires des permis retirés à VBG.
JA
02/05/14 La Côte d’Ivoire veut améliorer la traçabilité du diamant
Après avoir obtenu la levée de l’embargo de l’ONU sur le diamant exploité dans le pays, la Côte d’Ivoire souhaite désormais renforcer son système de traçabilité.
La levée de l’embargo sur le diamant ivoirien, votée, vient desserrer un peu l’étau enferrant depuis 2005 une filière qui représente entre 200 à 300 000 travailleurs (faisant essentiellement de l’extraction artisanale) en Côte d’Ivoire, d’après un document de l’Union européenne cité par l’AFP.
Opportunité
Cette décision représente également, assure-t-on du côté du gouvernement ivoirien, une opportunité de redresser le secteur. "Cette levée de l’embargo est le résultat d’un processus entamé fin septembre 2013 et elle nous permet de renforcer la traçabilité depuis les sites de production jusqu’à l’exportation, a soutenu le ministre ivoirien de l’Industrie et des Mines, Jean-Claude Brou le 30 avril à Abidjan. Elle permet à l’Etat d’avoir des ressources additionnelles générées par les taxes perçues sur cette activité, grâce notamment à l’arrivée des bureaux d’achat de diamants".
Au cours de cette conférence de presse, Jean-Claude brou a également assuré que le pays comptait bien se plier aux recommandations du Conseil de sécurité de l’ONU qui a demandé à la Côte d’Ivoire "de le tenir informé (…) de l’état d’avancement de l’exécution de son Plan d’action relatif aux diamants, y compris en ce qui concerne la répression de la contrebande, la mise en place du régime douanier et la déclaration des recettes financières tirées des diamants"
"Une feuille de route sera établie en concertation étroite avec le groupe des Amis de la Côte d’Ivoire (Etats-Unis, Canada, Union Européenne, France, Belgique, Grande Bretagne, Brésil, Russie, Chine, Afrique du Sud)", a dévoilé le ministre ivoirien. Ces assurances ne devraient toutefois pas voiler les nombreuses difficultés qui attendent Abidjan.
Paiement
En effet, dans leur dernier rapport rendu public le 17 avril, des experts de l’ONU qui se sont rendus a Séguéla affirment avoir "réuni des éléments de preuve très probants indiquant que les paiements liés à la vente de diamants bruts ivoiriens, qui s’effectuent entièrement en numéraire et ne sont pas enregistrés, continuent d’être utilisés pour apporter un appui aux éléments des FRCI qui sont sous le contrôle" de l’ex-commandant de zone 5 des Forces Nouvelles, Issiaka Ouattara alias Wattao.
Plus encore, une sorte d’omerta règne autour des chiffres de la production réelle de diamant – estimée 50.000 et 300 000 carats- supervisée par la société de développement des Mines (Sodemi, publique), redéployée depuis la fin de la crise électorale de 2010-2011 à Séguéla.
JA
01/05/14 Guinée : l’épidémie d’Ebola est "maîtrisée", selon Alpha Condé
L’épidémie de fièvre Ebola en Guinée est "bien maîtrisée", mais le nombre de victimes, aujourd’hui de 74 morts, augmentera "surement", a déclaré mercredi à Genève, siège de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le président Alpha Condé.
"Pour le moment, la situation est bien maîtrisée et nous touchons du bois pour qu’il n’y ait pas de nouveaux cas", a déclaré M. Condé aux journalistes.
"Il n’y a plus de nouveaux cas. Ceux qui sont en quarantaine, il y en a (parmi eux) qui mourront sûrement", a-t-il ajouté.
Mardi, le ministère guinéen de la Santé a annoncé avoir enregistré 74 décès sur 121 cas de fièvre Ebola -une maladie incurable, sans vaccin possible, qui peut tuer jusqu’à 90% des personnes atteintes- examinés en laboratoire.
Aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis dimanche, selon le ministère. Les 121 cas d’Ebola en Guinée font partie d’un nombre plus élevé de cas de fièvre hémorragique virale enregistré depuis janvier dans le pays.
Dans son dernier bilan diffusé le 25 avril, l’OMS a fait état d’un total cumulé de 218 cas (dont 141 mortels) de fièvre hémorragique virale.
En Guinée, quatre personnes sont soignées à Conakry, la capitale, et six à Gueckedou, dans le sud du pays qui a vu la plus sérieuse épidémie.
Ingestion de chauve-souris
La fièvre Ebola est transmise par des animaux à l’homme. Des chercheurs aux Etats-Unis ont confirmé que l’épidémie en Guinée est due au fait que des gens aient mangé des chauves-souris attrapés dans des forêts du sud du pays, a souligné M. Condé.
Elle s’est répandue parmi les chasseurs, puis les travailleurs médicaux qui n’ont pas su, au début, identifier le risque posé aux malades atteints de fièvres.
Pour y mettre fin, le gouvernement a avisé les Guinéens d’arrêter totalement de manger des chauves-souris, et d’éviter toute "viande de brousse" autant que possible.
Il s’est aussi efforcé d’appliquer des mesures de contrôle sanitaire de cette infection et de contrôler tous les cas potentiels, et les personnes qui ont pu être en contact avec eux.
La maladie s’est répandue dans le Liberia voisin, et il y a des cas suspects au Mali et en Sierra Leone, déclenchant des craintes dans toute la région.
Signe néanmoins de la baisse de cette inquiétude, le Sénégal a rouvert mardi ses frontières qu’elle avait fermées avec la Guinée, a relevé M. Condé.
L’OMS considère la flambée de fièvre Ebola comme une des plus graves depuis que la virus est apparu en 1976 en République démocratique du Congo (alors Zaïre).
JA
01/05/14 Burkina Faso : la justice se déclare incompétente sur l’exhumation de Sankara
La justice burkinabè s’est déclarée incompétente mercredi sur la demande d’exhumation du corps de Thomas Sankara, dirigeant du Burkina Faso assassiné en 1987 lors d’un coup d’Etat qui porta au pouvoir l’actuel président Blaise Compaoré.
A l’énoncé de la décision, une centaine de personnes ont manifesté dans l’enceinte même du tribunal, s’écriant "A bas la justice burkinabé" ou encore "A quand la vérité pour le peuple burkinabè ?".
"Nous ne sommes pas contents" de la décision du tribunal de grande instance de Ouagadougou, qui avait déjà repoussé deux fois le délibéré, le 5 mars et le 2 avril, a réagi l’avocat de la famille, Me Bénéwendé Sankara, qui n’a aucun lien de parenté avec l’ex-chef d’Etat.
"Nous pensions que cette chambre, au regard des textes, était compétente pour juger une affaire civile.Nous allons faire appel", a-t-il poursuivi calmement.
Mousdila Sankara, le cousin de l’ex-président, a confié sa "déception" quant au délibéré, qu’il dit ne pas comprendre même s’il s’y "attendait un peu".
"La justice burkinabè est incapable de rendre le droit aux citoyens", a réagi Serge Bambara, dit Smokey, un chanteur connu pour son hostilité au régime, présent au tribunal.
En octobre 2010, les ayants droit de l’ex-président avaient assigné l’Etat par voie judiciaire pour ouvrir la tombe présumée et expertiser sa dépouille.
Thomas Sankara et quatorze de ses camarades, tués lors d’un coup d’État le 15 octobre 1987, ont été enterrés au cimetière de Dagnoën à Ouagadougou, sans que leurs familles puissent les identifier.
En avril 2006, le Comité des droits de l’homme de l’ONU avait demandé à l’Etat burkinabé d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara, de fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale, de prouver le lieu de son enterrement et de dédommager la famille pour le traumatisme subi.
Thomas Sankara avait pris les rênes de la Haute-Volta par un putsch, le 4 août 1983.Le capitaine, âgé de 33 ans, proclame alors une "révolution démocratique et populaire" et rebaptise l’ex-colonie française en Burkina Faso ("patrie des hommes intègres").
Tribun charismatique, il met l’accent sur l’éducation et la santé. Il instaure des "tribunaux populaires" pour combattre les détournements de fonds et donne l’exemple en vivant chichement dans un palais délabré.
Sa figure continue d’inspirer écrivains et musiciens au Burkina Faso et ailleurs en Afrique, malgré certaines dérives des Comités de défense de la révolution qu’il avait instaurés.
AFP














































