Deux questions à Docteur Sékou Koureissy Condé sur la situation tendue en GuinéeDurée de lecture : 3 min

La Guinée est plongée dans une crise sociale depuis maintenant plus d’un mois. En cause, une grève des enseignants qui peine à trouver une issue. Du jour au lendemain, la situation s’aggrave et les manifestations s’intensifient. Des observateurs extérieurs aux acteurs de la société civile guinéenne, les appels à la préservation de la paix se multiplient. C’est dans ce cadre que nous avons rencontré le directeur exécutif de l’African Crisis Group et président de la Convention des acteurs Non Etatique de Guinée, pour avoir sa réaction sur la situation qui prévaut actuellement en Guinée. Docteur Sékou Koureissy Condé est actuellement en tournée en Europe où il doit animer à Paris deux conférences sur la paix et la résolution des conflits en Afrique .  

Docteur Sékou Koureissy Condé, bonjour.
Votre tournée européenne va vous conduire à Strasbourg, Grenoble, Genève  et Paris où vous allez faire des rencontres et des conférences. Dites nous, est-ce une reconnaissance internationale ou juste un message de paix ou tous les deux peut-être? 

SKC : Oui ! Je suis honoré de porter le message de la société civile africaine de paix et de sécurité humaine dans les universités et devant les institutions internationales. La violence, les guerres et conflits bloquent le développement d’un continent riche et danse. Beaucoup de projets et programmes ont pour le moment échoué car  éloigné de notre culture de la paix. C’est certainement à partir de mes communications et propositions de pistes de réflexion lors du Forum Mondial sur la gouvernance que certaines structures et personnes ressources  se sont intéressés à mon adresse et à mes efforts.

Nous savons aussi que vous vous êtes très impliqué dans la résolution des crises actuelles en Guinée et il semble que le gouvernement et le syndicat des enseignants sont dos-à-dos. 

SKC : je suis fondamentalement attaché à la justice sociale et aux droits humains. Il faut trouver et donner les 40% aux enseignants. C’est au gouvernement de se débrouiller, quand on dit au simple citoyen de se débrouiller c’est le désordre autorisé. Quand un enfant dit qu’il n’a pas de vêtements, les parents peuvent lui demander d’attendre et il attendra. Mais l’enfant dit qu’il a faim et qu’il n’a rien à manger, tout le monde se lève. C’est à l’Etat en général et au gouvernement en particulier de prouver désormais leurs capacités ou incapacités face à ces pleurs. Moi je suis un enseignant et un acteur de paix et de sécurité humaine, le débat qui me préoccupe le plus en Guinéen aujourd’hui en plus de tout, ce sont les morts à balles réelles par les forces de l’ordre dans notre pays. Cela doit cesser immédiatement. Il ne sert à rien de parler de paix chez les autres si tu n’a pas la conscience tranquille chez toi, si on tue chez toi.