Boffa est une ville située à quelques 150 km de la capitale Conakry. Dans cette ville historique, se trouve  le port artisanal situé sur le fleuve Fatala. Aux larges du célèbre fleuve Rio Pongo, les pêcheurs et responsables du port de la localité sont inquiets face à la pêche semi-industrielle pratiquée par des chinois et sollicitent l’aide  des autorités compétentes.

Ici(le port), les activités sont aux ralenties, le petit nombre de pêcheurs qui est téméraire peine à trouver du poisson dans les eaux. Une situation due à la pêche semi-industrielle fréquemment pratiquée par des chinois de la place.

Désespéré de la situation et assis dans sa pirogue au bord de la rive, André Daman Soumah, l’un des contrôleurs au port de Boffa explique leur calvaire causé dit-il par des chinois

<< Tous les barques sont arrêtées, il n’ya pas de travail au niveau de la pêche. Les chinois sont venus tout monopoliser et la préfecture ne peut plus compter sur nous pour la fourniture de poisson >> dénonce ce responsable en colère.

Pourtant, la présence chinois sur ce fleuve était dans le seul but d’épauler les pêcheurs artisanaux à préserver leurs produits halieutiques avec la construction d’une chambre froide. Un projet qui n’a pas porté fruit :

<< Nous avions fait installer les chinois ici, ils ont fait leurs bases et ont également envoyés des moteurs. Mais jusqu’à présent, le projet pour lequel ils ont été assignés n’a pas vu le jour. C’est pourquoi, ils nous ont demandé de migrer vers la pêche en attendant de trouver la solution au problème de glace et c’est ce qu’on a accepté. Donc en réalité, on les a reçu pour la production de la glace et non pas pour la pêche même si c’est elle qui a pris le dessus aujourd’hui >> Explique Idrissa Ouattara Bangoura chef du port.

La pêche semi-industrielle pratiquée par les chinois ne fait pas ménage avec celle artisanale faite par les riverains indique ce pêcheur trouver à bord de sa pirogue visiblement découragé de sa mésaventure en mer :

<< En principe, les bateaux chinois doivent aller en haute mer c’est cela qu’on nous a dit. Mais nous nous retrouvons au même lieu et chaque fois nos filets sont déchirés par les moteurs des bateaux chinois >> déplore t-il.

Interroger sur la situation, Mamadou Bailla Diallo citoyens de la localité, n’a pas manqué de dénoncer cet état de fait

<< Il y’a au moins dix à sept sociétés chinoises qui évoluent à Boffa, mais elles n’évoluent pas dans le cadre normal, ils ne respectent pas les principes. Dans les conditions normales, la pêche artisanale et celle industrielle ne doivent pas travailler dans la même zone, donc si vous vous croisez, ils peuvent couper vos filets et si vous revenez chaque jour c’est des disputes >> a t-il déploré également.

Face à ces multiples plaintes et disputes avec les chinois, ces pêcheurs nous confient qu’ils ont saisit à maintes reprises les autorités préfectorales et organiser des mouvements de colère, mais malgré, la situation reste inchangé affirme Saidouba Camara un autre pêcheur

<< On a fait plusieurs grèves afin que cette situation cesse, mais rien n’en est sorti. On a poursuivi l’affaire jusqu’à la justice, mais la situation a d’ailleurs pris l’ampleur c’est quand on a tenté cette action judiciaire>> Nous révèle t-il.

Ce petit port de Boffa, constitue l’un des poumons économique de cette sous préfecture. Si rien n’est fait pour cette population qui ne sait plus à quel saint se vouer, la situation risque de prendre une autre tournure. Déterminer, ces pêcheurs sont prêt a en découdre avec toutes autres forces afin de supprimer ce qu’ils qualifient d’injustice.

 

Moussa Moïse KEITA de retour de Boffa