Le Conseil Scientifique de Riposte contre la pandémie de la maladie à Coronavirus (COVID-19), a apporté ses premières constat et recommandations dans le cadre de la lutte contre la pandémie qui prend du chemin en Guinée.
Une rencontre avec les médias s’est tenue ce jeudi au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
KADER BARRY, ministre en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a quand à lui revenu sur la mission dudit conseil : «Il est important de retenir que le Conseil a vocation à formuler des recommandations au Gouvernement sur les questions relatives à la gestion et à l’évolution de la situation sanitaire, sociale et économique relative au COVID-19. Il n’a pas vocation à se substituer aux organes de la riposte. C’est un organe complémentaire et un outil d’aide à la décision du Gouvernement. Je voudrais rappeler que le Conseil, placé sous l’autorité du Premier Ministre, travaille en étroite collaboration avec le Comité Interministériel de Riposte, le Ministère de la Santé, l’ANSS, ainsi que les autres acteurs institutionnels impliqués dans la riposte ».
Pr Mamadou Aliou BALDE, Rapporteur Général du conseil à évoquer les difficultés constatées dans la riposte de cette pandémie, suite à des rencontres du 21 et 27 avril 2020.
Pr Baldé cite entre autres : des cas de décès de COVID-19 dont l’analyse montre une mortalité vraisemblablement élevée chez les patients suivis principalement à domicile. « Il y a lieu de rappeler que le contexte social de confinement à domicile est un facteur de risque de contamination communautaire, compte tenu de nos habitudes culturelles, des modes d’habitation et de relations de promiscuité » a-t-il déclaré avant de pointer du doigt une insuffisance des services essentiels de base pour les patients hospitalisés qui demeure un facteur de réticence pour l’hospitalisation des malades. « Ce qui justifie en partie que la famille et d’autres bénévoles rendent visite, apportent de la nourriture ou restent aux côtés des malades. Cette situation est inquiétante car elle met à risque toute cette frange de la population et entraine des risques élevés de contamination hospitalière et communautaire».
Ce conseil scientifique de riposte contre la pandémie de la maladie à coronavirus a été mis en place le 14 avril par le chef de l’Etat Alpha Condé. Depuis cette date, les travaux qu’ils ont eu à faire ont abouti sur plusieurs recommandations:
- L’hospitalisation en isolement de tous les cas COVID-19, avec des moyens adéquats au profit de tous les patients, pour une prise en charge adaptée et multidisciplinaire en milieu hospitalier ou tout autre lieu dédié ;
- L’identification de nouvelles structures d’accueil des malades auxquelles on adapterait les critères requis pour un centre/pavillon d’hospitalisation hautement infectieux ;
- La disponibilité d’un nombre de personnel de santé suffisant, capable de s’occuper des malades 24h/24 est indispensable dans toutes les structures sanitaires et autres lieux dédiés;
- L’isolement des cas Suspects : réquisition des hôtels ;
- Installation des tentes avec des compartiments individuels et un minimum de commodités dans les stades, à l’hôpital Sino-Guinéen, dans les universités ; renforcement des CTPI dans les régions pour préparer la réception des cas éventuels …
A la question de savoir pourquoi le confinement total de la ville de Conakry n’était pas parmi les recommandations faites par Conseil scientifique de riposte contre la pandémie de la maladie à Coronavirus (COVID-19), Pr Moustapha Keita DIOP assure : « le confinement total n’est est possible à Conakry, pour plusieurs raisons : la configuration de nos sociétés, Le mode de vie communautaire et les relations de proximité ne nous permettent pas de faire un confinement total. Vous voyez même les mesures de distanciation sociale a du mal à être respecté. Donc le confinement total n’est pas possible par contre l’auto isolement , l’isolement volontaire de la population , prenant conscience des risques, c’est possible. Mais si Le risque de communauté devient de plus en grande peut-être qu’on peut l’envisager, mais pour le moment compte tenu de la réalité de notre pays on ne peut pas le faire ».














































