Plus d’une centaine de soldats vénézuéliens sont partis en Colombie, tandis que deux d’entre eux se sont réfugiés au Brésil, ont annoncé dimanche les services de migration de Bogoto et Rio De Janeiro. Les défections surviennent après des affrontements fatals à la frontière colombienne, dont le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, se dit « choqué ».

« Actuellement, nous avons accueilli plus d’une centaine de membres de la Garde nationale du Venezuela », a déclaré dimanche l’agence de la migration colombienne dans un communiqué de presse.

Les soldats, dont le rang est inconnu, ont traversé la frontière et ont demandé la protection des autorités à Cucuta samedi.

Un scénario similaire s’est déroulé au Brésil, où deux soldats ont également cherché refuge.

Feres Kanaan, membre du service des migrations de Rio De Janeiro, a déclaré à l’AFP qu’il occupait un poste d’accueil pour les migrants vénézuéliens à Pacaraima, à la frontière entre le Brésil et son voisin du nord-ouest, lorsque les deux soldats « se sont présentés pour demander l’asile ».

Le chef de l’opposition, Juan Guaido – que la plupart des pays occidentaux reconnaissent comme le chef légitime du Venezuela – a offert l’amnistie à tout le personnel militaire qui « protège le peuple vénézuélien » et s’aligne sur l’opposition dans le but de contraindre le président Nicolas Maduro à quitter le pouvoir.

Les premières défections ont eu lieu tôt samedi matin avant que Guaido n’envoie un message personnel à un convoi transportant de l’aide américaine partant de la ville colombienne de Cucuta.

Jours numérotés

L’opposition affirme que l’aide humanitaire étrangère est indispensable pour faire face aux pénuries généralisées de produits alimentaires et de médicaments au Venezuela, frappé par la crise.

Mais le président Nicolas Maduro affirme que l’aide est un écran de fumée pour une invasion américaine et a ordonné aux forces de sécurité d’arrêter les convois. Ils ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, tuant deux personnes.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré dimanche qu’il était « choqué et attristé » par les morts de civils et qu’il avait appelé au calme.

Depuis, Maduro a ordonné la fermeture de plusieurs points de passage aux frontières du Venezuela avec la Colombie et le Brésil.

Cependant, ses « jours sont comptés », a déclaré dimanche dimanche le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, accusant les violences à la frontière de loyalistes armés connus sous le nom de « colectivos ».

RFI