Maitre Kélèfa Sall, président de la cour constitutionnelle était face à la presse ce mercredi. Il était question pour lui de parler de la crise à la cour constitutionnelle.

Sur la question, le magistrat a réfuté toutes les accusations portées contre lui. Il a aussi réagi à l’élection de Mohamed Lamine Bangoura à la tête de cette même institution. Ce mercredi 03 octobre à la maison commune des journalistes à coléah, le présidant destitué de la cour constitutionnelle a insisté qu’il est et reste encore le président de cette institution jusqu’à preuve du contraire :« Le communiqué que j’ai fais passer pour convoquer cette conférence de presse j’ai signé M. Kéléfa Sall, Président constitutionnel et j’ai mis le cachet.»

Visiblement très déterminé, ce juriste affirme que si jamais le Président de la République entérine l’élection de Mohamed Lamine Bangoura à la tête de la cour constitutionnelle, il va l’entendre : « J’avoue que je n’ai pas encore pensé à cela et je ne dirai rien d’autre. Lorsque je me serais décidé si jamais tel est le cas, je vous tiendrai informer. Je ferai un communiqué que je signerai,» prévient-il.

Au cours de cette conférence de presse, le magistrat a expliqué les raisons de son absence ce mardi au stade 28 Septembre pour les festivités du 60eme anniversaire de l’indépendance de la Guinée « Le samedi à 10 h du matin, ma garde rapprochée m’avait été retiré, aujourd’hui je suis avec des parents pour assurer ma sécurité puisse que je ne connais pas une société qui emploie des gardes de corps. Et il a été demandé dans le communiqué du comité d’organisation (comité d’organisation des festivités de l’an 60 de l’indépendance ndlr) de laisser les véhicules en dehors du stade .Bien que le président de la cour constitutionnel ait été invité, je me sentais pas en état de sécurité à vouloir me rendre là c’est pourquoi je ne suis pas allé,» précise t-il.

Accusé de détournement de fonds au sein de la cour constitutionnelle, Me Kéléfa Sall dit que c’est au DAAF de prouver la véracité ou la fausseté de ce qu’on lui reproche : « Je suis magistrat, je ne suis pas habitué à la gestion, je l’ai fait savoir au DAAF dès qu’il est arrivé(…) D’abord le DAAF est le seul fonctionnaire qui est à la constitutionnelle sans mon autorisation. Il est nommé par le ministre du budget. Donc c’est lui qui a l’obligation de justifier le centime près. A la justice, le seul service qui est habilité à gérer les fonds, c’est le Greffe. Donc, ils ne sont pas comptables, et je ne suis pas comptable non plus, ils ne sont pas financiers, je ne le suis pas. Ils m’accusent de détournement je ne reconnais pas avoir détourné. J’ai écris à l’inspection générale d’État pour venir faire son audit, ils ont fait un rapport provisoire qu’ils m’ont transmis. J’ai distribué aux conseillers à l’effet de les critiquer et j’ai demandé au DAAF de répondre aux inquiétudes soulevées dans le rapport,» révèle Me Kéléfa Sall.

Sur le débat sur une éventuelle modification de la constitution afin de donner un troisième mandat à Alpha Condé , Me Kéléfa Sall préfère se taire pour l’instant « J’ai prêté serment en tant que membre de la cour constitutionnelle, ce serment m’interdit de me mêler ou bien d’intervenir dans toutes questions qui doivent revenir à la cour constitutionnelle. Donc, en tenant compte de ce serment, je ne me prononcerais jamais sur ça. Il appartiendra à la cour, si elle est saisie de se prononcer, mais moi en tant que Kéléfa Sall, je ne suis pas la cour,» martèle le ‘’Président destitué’’.