Quand la prostitution prend une dimension inquiétante en GuinéeDurée de lecture : 3 min

Considéré comme le plus vieux métier au monde, le phénomène de la prostitution devient de plus en plus visible à Conakry. Pour s’en rendre compte, il vous suffit tout simplement de faire un tour dans certains endroits tard la nuit. Sur les lieux, plusieurs femmes et filles dont l’âge varie de 15 à 30 ans prennent en otage des hommes pour de l’argent. Une pratique pourtant interdite par les lois guinéennes.

La quasi-totalité des filles interrogées  en off, affirment avoir choisis la prostitution comme métier pour subvenir à leur besoin quotidien.

Dans l’un des coins situé à Ratoma, nous avions rencontré D.G, une étudiante dont l’âge avoisine la vingtaine elle se confie: « je pratique ce métier parce que mes parents sont pauvres et n’ont pas les moyens pour subvenir à nos besoins. Je sais que c’est mauvais mais quoi faire donc. Je suis obligé de livrer mon corps moyennant quelques sommes pour non seulement satisfaire mes besoins mais aussi ceux de mes parents. A travers cette pratique j’arrive à m’habiller, me nourrir, me loger, bref je me sens responsable en un mot ».

Toutes celles qui se livrent à cette pratique semble persuadées des risques qu’elles courent, D.G en est une : « Rien ne se gagne facilement dans la vie, nous comprenons les risques de maladies qui est facile à contracter. Mais moi j’exige une protection (préservatif) à chaque passage avec un client (accouplement). En plus, je me fais consulter par un gynécologue à chaque 2 mois pour me situer sur mon état de sante .Bref, je suis prudente » conclut-elle.

Mais que pensent les citoyens de la prostitution ? Chacun y va de sa petite idée.

Pour Mariama Djello Barry, Diplômé et Citoyenne du Quartier Lambangni « La prostitution est un phénomène qui contribue à détruire la junte féminine, elle est à la base de pas mal de vice et de déviance de nos jours, elle ternit l’image d’une nation. Pour moi vu qu’elle n’est pas légaliser par la constitution l’Etat doit agir pour enfreindre à ce mal » conseille t-elle.

Interrogé sur la circonstance, ce directeur général d’une boite de nuit à Lambangni affirme qu’il est facile de lutter contre la prostitution dans les boites de nuit à condition que l’Etat prenne des dispositions: « la pauvreté est la raison de cette pratique, le phénomène de la prostitution prend de l’ampleur dans notre cité à Conakry  même à l’intérieur du pays. Économiquement ça joue sur l’Etat mais il peut avoir des moyens par rapport à ça. Pour freiner la prostitution c’est une question très simple. Dans ces boites de nuit, il faut augmenter un taux d’imposition de 40 % ce qui décourage beaucoup de jeunes filles à ne pas fréquenter ces boites de nuit. »

De nos jours cette pratique persiste  malgré les différents efforts fournis par des ONG dans la  sensibilisation et la conscientisation sur les risques de maladies sexuellement transmissibles comme le VIH/SIDA.

Il reste à savoir si l’Etat pourra circonscrire ce phénomène social qui constitue une triste réalité à la dépravation de nos mœurs.

Abdoulaye Djibril Barry(ELDJI)

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