C’est sous le thème “droit de manifester’’ que l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme a animée ce lundi 06 Août 2018, une conférence de presse à Coléah .Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la défense des droits de l’homme dans le pays après l’annulation de plusieurs marches prévues par les syndicalistes et les forces sociales pour protester contre l’augmentation du prix des produits pétroliers.

A cette occasion, le président par intérim de l’OGDH, El Hadj Mamadou Malal Diallo a indiqué que le moment est opportun pour les acteurs des mouvements sociaux de faire valoir leur droit compte tenu de la crise sociale qui sévit dans le pays : « Il y’a des agitations de part et d’autre de la part des mouvements syndicaux, la CNTG et l’USTG, et aussi de la part des forces sociales. Ces manifestations ont bien commencées dans la mesure où une première marche s’est bien déroulée sans encombre. Et par la suite, la deuxième manifestation qui avait été prévue par les forces sociales a été interdite et ceux qui ont insistés pour faire la manifestation ont eu droit à une répression et ils ont été dispersés,» explique t-il. En ce qui concerne le droit de manifester, reconnu par la constitution.

L’OGDH dénonce les agissements des forces de l’ordre lors des manifestations « le fait qu’on interdise les manifestations à Conakry par le gouverneur alors qu’elles ont été autorisées par les maires qui, territorialement sont habiletés à le faire, est inadmissible le. Plus grave, nous avons appris par voie de presse que monsieur le ministre de l’administration du territoire a pris un acte pour interdire toute manifestation sur l’ensemble du territoire nationale. Ça, ça nous a dit qu’on est partis sur une lancée. Si on ne vous avertit pas, et si vous ne nous aider pas à avertir l’opinion nationale et internationale sur cette dérive, nous risquons un jour de nous réveiller avec la nouvelle que la constitution est suspendue et les institutions de la république aussi sont suspendues.»

C’est pourquoi l’OGDH juge utile d’attirer l’attention de la presse sur les violations des droits humains : « Nous ne sommes pas d’accord avec ces actes dans la mesure où il est dit dans la constitution que toute loi, tout acte rudimentaire et toute décision contraire à la constitution sont nuls et de nulle valeur. Donc, si les préposés de l’Etat en violation de leur devoir régalien se permettent d’interdire aux citoyens de jouir des droits qui leurs sont reconnus non seulement par la constitution de la république de Guinée mais aussi par tous les textes internationaux auxquels la Guinée est partie, nous croyons qu’il faut, maintenant qu’on lance un cri d’alarme,» a réagit El Hadj Mamadou Malal Diallo.