Le collectif des avocats du secrétaire général adjoint de l’UGTG étaient chez l’ordre des avocats de Guinée ce mardi 26 juin 2018. Objectif, saisir l’ordre dans le dossier de leurs client Aboubacar Sidiki Mara qui séjourne en prison en dépit de sa libération immédiate par le juge refuser par le parquet.

Maitre Zézé Kalivogui, l’un des avocats du syndicaliste après avoir exposé la situation réelle dans ce dossier aux membres de l’ordre des avocats de Guinée à attirer l’attention du baro afin d’intervenir très rapidement dans cette affaire. En guise de réponse le bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée a estimé qu’il y a eu violation grave de la loi dans ce dossier. Maitre Mohamed Traoré va plus loin pour dire que cet acte un danger pour tous les citoyens.

 

« Lorsqu’un avocat défend un dossier et qu’il s’aperçoit que dans la défense de son dossier il y a certains obstacles, il y a certaines difficultés qui dépassent ses possibilités, en tant que professionnel, qui dépassent ses compétences en tant que professionnel, et des difficultés qui peuvent intéresser l’ensemble de la profession, il y a des raisons pour lui de s’adresser à sa corporation afin que la corporation vienne à ses côtés pour défendre certains principes qui sont essentielles non seulement à l’exercice de la profession mais certains principes liés à l’état de droit de façon générale,» a-t-il expliqué.

 

Aboubacar Sidiki Mara croupi toujours en prison malgré l’ordonnance de mise en liberté immédiate de la deuxième chambre de contrôle. Pour le bâtonnier, ce citoyen est victime d’injustice n’a d’autre recours que la justice elle-même « lorsqu’une décision de justice est rendue, elle doit être mise à exécution. Si aujourd’hui les juridictions peuvent rendre une décision de justice en faveur d’un citoyen, aussi petit, aussi ordinaire soit-il, et que cette décision ne peut pas être mise à exécution parce que simplement en face il y a un pouvoir qui s’oppose, c’est un danger pour tous les citoyens. En lisant le dossier je me rends compte qu’en réalitéé ce monsieur-là ne doit même pas être mis en détention provisoire parce que le Code de procédure pénale dit dans une de ces dispositions où lorsque la peine encourue de la personne poursuivie n’atteint pas trois ans, cette personne ne doit pas être mise en détention provisoire. Il y a eu une violation de la loi à ce niveau. La deuxième chambre de contrôle s’était rendu compte des vices qu’il y a eu tout au long de cette affaire-là, à prendre son courage à deux mains malgré le fait que c’est un dossier du président de la République, et a ordonné la mise en liberté immédiate de monsieur Mara. Jusqu’à ce jour cette décision n’est pas exécutée,» dénonce-t-il.

 

Poursuivant il ajoute ceci : « lorsque vous voyez le serment du président de la République, l’un des engagements qu’il prend c’est non seulement de respecter et de faire respecter la loi, mais d’assurer l’exécution des décisions de justice. Alors la question que se pose, est ce que des magistrats vont fuir leurs responsabilités. Est-ce que des magistrats vont accepter de fermer les yeux sur les violations de la loi parce qu’on dit simplement que c’est un dossier encore une fois auquel le président de la République s’intéresse ? Si cela était une réalité, c’est un danger pour tous les citoyens surtout qu’il s’agissent en ce qui concerne Aboubacar Sidiki Mara de l’exercice d’une liberté provisoire qui est la liberté syndicale,» s’est inquiet Me Traoré.

Selon Me Traoré, même si Aboubacar Sidiki Mara était reconnu des faits qui lui sont reprochés, la décision de sa libération devait être mise à exécution.