Il a été arrêté dans la nuit du 5 au 6 mai dernier à 3 heures du matin, pour attroupement illicite et trouble à l’ordre public. Ses avocats eux, dénoncent une violation des droits de l’homme. Son procès s’est ouvert ce jeudi 21 juin au TPI de Dixinn.

A cette occasion, Aboubacar Sidiki Mara a comparu pour la première fois à la barre devant le juge pour se faire entendre des magistrats. Pour Me Paul Yomba Kourouma son avocat, cette détention où l’accusation reste encore à son point zéro est orchestrée par le Président Alpha Condé. « Nous avons insisté sur l’insistance, la persistance et la résistance du professeur Alpha Condé et du procureur de la République dans la détention de Aboubacar Sidiki Mara dans les geôles de la maison centrale de Coronthie malgré les ordonnances de mise en liberté provisoire confortées par l’arrêt de la chambre d’instruction qui ont successivement ordonné la mise immédiate du syndicaliste arrêté en pleine sommeil alors qu’il était régulièrement parti à Boké dans le cadre de la syndicalisation. Les discours successivement tenus, nous ne savons vraiment à quelle période est intervenue une telle infraction ? » s’interroge-t-il.

Poursuivant, il dénonce une ingérence du président Alpha condé dans cette affaire : « L’attroupement étant un délit fragrant et qui ne peut être imputé lorsqu’il y a eu sommation de l’autorité administrative, ceci n’ayant jamais eu lieu, monsieur Mara n’ayant tenu ses réunions que dans l’enceinte de l’hôtel et que s’il devait avoir des désagréments et un plaignant, ce devait être le directeur de l’institution de l’hôtel. Mais les ordres sont venus de Conakry, du professeur Alpha Condé comme vous l’entendez persister toujours dans la sauvegarde et la sécurisation de Boké au détriment peut être des autres villes. Si toutes les villes étaient sécurisées telles qu’il (le Président ndlr) le veut de Boké, je crois que le taux d’infraction seraient considérablement réduits.»

Après les réquisitions et plaidoiries, le ministère public a demandé comme sentence, que le détenu soit condamné à six mois d’emprisonnement avec une amende d’un million de francs guinéens. Chose qui n’est pas du goût de ses avocats « il demande même la combinaison de ces deux peines alors que la loi dit soit six mois de prison ou l’amende. Mais on ne peut prétendre aboutir à une telle condamnation que si à l’audience on a pu confondre le prévenu, ce qui n’a pas été le cas, donc il vit dans l’imaginaire, dans la fiction et il a fini d’ailleurs par plaider, par supplier le président alors que cette tribune n’est pas un centre de mendicité. C’est la persuasion, la conviction, c’est la force de l’argument et non l’argument de la force ou la pitié ou tout autre considération de quelque nature que ce soit,» soutient Me Paul Yomba Kourouma.

En attendant le verdict du tribunal, l’affaire a été mise en délibéré et le jugement est attendu le 28 juin prochain.