Au lendemain de la nomination sans surprise du désormais ancien ministre d’Etat à la présidence chargé des investissements publics et privés à la primature par le président Alpha Condé, les réactions fusent de partout.

Pour le nouveau porte parole de l’opposition Républicaine, Alhousseyne Makanéra Kaké, joint au téléphone par notre rédaction, Dr Ibrahima Kassory Fofana est une personnalité bien connu du public et qui a de l’expérience si on le laisse faire : « Je crois que contrairement aux autres premiers ministres qui n’étaient pas connus du grand public, Kassory est d’abord une personne bien connu. Il a une forte personnalité, qui est politique et de surcroît qui a de l’expérience. Si, il a la main libre peut être il pourra apporter une touche nouvelle. Mais quand même l’espoir est là, il faut le dire, pour celui qui fait comme à Sékhoutouréyah comme ça. Par contre, s’il veut réussir, il y a des défis à relever. Le premier défi, c’est d’abord sa prérogative qui est consacrée par la constitution comme le patron du dialogue social en Guinée. Donc c’est de mettre de l’ordre rapidement au niveau des syndicats, mais aussi et surtout rencontrer les partis politiques de l’opposition comme de la mouvance pour vider le contentieux électoral, raffermir les relations d’une part entre l’opposition et l’exécutif, de l’autre part entre l’opposition et la mouvance présidentielle. Ensuite s’atteler à l’organisation de très bonnes élections, les législatives et la présidentielle de 2020. Pour permettre l’accouchement d’une alternance sans douleur tout en maintenant la limitation de nombre de mandat, la durée et le mandat d’un Président de la République, il ne faut pas que ce verrou là saute,» lance t-il avant de poursuivre.

« Parlant de la fusion du parti de Kassory au RPG, moi je pense qu’en ce qui concerne la fusion ou l’absorption de son parti, on a officialisé, c’était déjà dans les faits depuis longtemps. Quand vous êtes la deuxième personnalité dans les faits de l’exécutif depuis longtemps, vous êtes un grand ministre d’Etat, avec sa position il ne pouvait pas avoir d’autre opinion que celle de Président de la République et de parti au pouvoir. Mais l’essentiel se trouve au niveau de la personnalité de l’homme et ce qu’il voudra que l’histoire retienne de lui. Ce n’est plus un problème de parti mais c’est un problème de personnalité de l’homme. Moi je pense que s’il veut que l’histoire retienne de lui un grand homme qui a participé à l’édification de la démocratie et au progrès économique et social de notre pays, c’est d’avoir une certaine marque de manœuvre et une certaine indépendance d’esprit pour pouvoir contrer toutes les velléités dictatoriales et maintenir au centre des débats comment instaurer un climat de confiance et rendre effectif le principe de séparation de pouvoir et la liberté d’opinion,» soutien l’ancien ministre de la communication.

Poursuivant, il s’est penché sur les défis qui attendent le nouvel homme fort du gouvernement Condé : « Tous les autres points dont on parle aujourd’hui, c’est-à-dire la lutte contre l’insécurité, la lutte contre la corruption, c’est des chimères, moi je vous dis. Quand vous prenez la lutte contre la corruption, je ne parle pas de la corruption de survie, je parle de lutte qui est au sommet de l’Etat. Je ne crois pas si le premier ministre maintenant peut lutter contre ça. Parce que les 60% du budget du pays c’est dans les marchés .Et la grande corruption c’est lors des passations des marchés. Et on sait que 80% des marchés sont passés gré à gré. Et on sait qui peut donner les instructions pour qu’on passe les marchés gré à gré. Dire que tu vas lutter contre la corruption ça, ce n’est pas connaître le fonctionnement réel de notre administration. L’insécurité aussi c’est ça. »

Mais malgré, Alhousseyne Makanéra se montre très optimiste face à cette nomination. « Contrairement à beaucoup de guinéens, moi je pense que quelqu’un qui se bat et mérite un poste est mieux que quelqu’un à qui on a accordé une chance seulement. Un Kassory, premier ministre, ce n’est pas un cadeau. Nous nous le savons parce que nous avons été avec Alpha Condé avant le premier tour des élections de 2010 et on sait ce qui s’est passé entre les deux tours, et en 2015 aussi. Donc, dans une certaine mesure, chacun doit à l’autre, on doit faire équilibrer un peu la balance ». Tranche Alhousseiny Makanera Kaké.