« S’ils viennent par la force, comme ça, il y’aura ici des tueries. Parce que là, on ne quittera pas »

Voila comment la population de Dar Es Salam 2 attend de pied ferme le ministre de l’urbanisme et de l’habitat, Ibrahima Kourouma qui lui a donnée que quelques semaines pour quitter les lieux. Assieds autour du thé, ces jeunes riverains de la décharge, apparemment désespérés ne savent plus à quel saint se vouer. Partir Oui ! Tous sont unanimes sur la question, mais avec des conditions dit Issiaga Conté

« On est prêt, mais avec des conditions. S’ils nous remboursent là on va  quitter ici. Mais au cas échéant on reste là, on ira où si on n’a pas d’argent, ni maison,» s’exclama-t-il.

Quittez pour aller où ? S’interroge Ibrahima Sory Soumah qui demande à l’État de les trouvés un point de chute

« Le gouvernement doit nous trouver au moins un terrain ou nous données une somme pour qu’on puisse aller construire ailleurs,» Exige ce riverain.

Le 03 mai, est la date buttoir donnée par le ministre depuis le 15 avril aux habitants de Dar-Es-Salam 2 de plier leurs  bagages. Au total, 400 foyers sont concernés par cette opération de déguerpissement et n’ont rien comme revenu révèle le chef de quartier Charles Damba

« La partie est peuplée de personnes pauvres, nous ne somme pas contre qu’elles  quittent mais nous sommes pauvre. L’indemnisation serait nécessaire et adéquate dans cet accompagnement. Il ya eu une première catégorie qui avait été indemnisé par la banque mondiale et elle est partie. Mais pour ces autres, le ministre refuse catégoriquement c’est ce qui nous agacent,» s’inquiète ce responsable.

Si certaines familles ont été indemnisées depuis plusieurs années, d’autres par contre n’ont reçus aucun franc. La soixantaine, Issiaga Bangoura vit dans ce quartier depuis plus de 30 ans, il a vu la genèse de ce dépotoir jusqu’à ce qu’il est devenu une montagne d’ordure. Malgré tout, il demande à l’État de leurs laissées un temps pour mieux s’organiser dans la  libération des lieux.

« Je suis là depuis 30 ans, voir même plus. Je demande aux autorités de nous laisser au moins six mois tout en  nous remboursant on quittera ici comme ils le souhaitent,» Plaide cet autochtone de la zone.

Le 22 Août dernier, un éboulement avait coûté la vie à neuf personnes dans ce quartier enclavé où une seule pompe à forage approvisionne la population. Dans la foule des femmes qui cherchent éperdument l’eau pour le quotidien se trouve Laouratou Barry. Cette mère qui rets encore traumatisée depuis cette date fatidique ne s’en remet toujours pas. Ce jour du 22 Aout, elle a perdu 3 de ses enfants, Alpha Oumar Diallo 16 ans, Alpha Bailo Diallo 17 ans et Baibata Diallo 6 ans.  Déguerpir les lieux, serait encore un autre coup dur qu’elle ne pourra supporter après avoir tout perdu dit-on.

« J’ai, perdu mes enfants, j’ai perdu mon mari et voir encore perdre ma maison, me jetée dans la rue… vraiment ayez pitié de moi. Moi je ne sais pas ou aller, je ne sais vraiment pas ou aller,» affirme cette dame en pleure.

Alsény Diaby, habitant du même quartier  parle de violation, de procédure

« Nous nous ne prénoms pas cette déclaration du ministre en considération parce que la procédure est là. Nous sommes dans un État de droit. Les institutions républicaines sont toutes informées de la situation .Donc rien ne nous dit de quitter. Même une mouche ne bougera pas  d’ici, nous attendons le ministre Kourouma avec ses gendarmes et ses bulldozers il nous trouvera devant son chemin, il va nous marcher dessus avant de toucher à nos maisons,» Prévient cet autre autochtone très en colère visiblement.

Quand au chef de quartier, il parle d’une stigmatisation de la zone

« Les gens on quelque chose en tête, dès qu’on parle d’un quartier de Ratoma on nous juge autrement. C’est une stigmatisation pure et simple. Sinon, on a rien fait on a rien gâté. La première République ne nous a pas chassé, elle nous a laissé ici tout en nous donnant des ravitaillements. La deuxième république nous a donné le courant et l’eau. La troisième république sous le président Alpha Condé, on a eu des routes, plus de 3km de routes bitumées. Ils nous on jamais dit de quitter, sauf quand il ya eu éboulement et même cet éboulement, il a été provoqué par les administrateurs. Parce qu’ils devraient quitter en 2017, ils devraient occuper 10 ans, ils ont fait 20 ans. S’il ya eu éboulement, ce n’est ni la faute à la population, ni celle par le quartier,» Fustige ce responsable du quartier sommé de quitter.

Ce jeudi 3 mai, le médiateur de la République Mohamed Said Fofana était attendu dans ce quartier pour tenter de trouver une issue favorable, mais cette population de Dar Es Salam, il n’a pas été au rendez vous.