Au cours de la dédicace de son livre intitulé, « La force du silence », ce jeudi 7 septembre au centre culturel Franco-Guinéen Espace Sory Kandia Kouyaté, le cardinal Robert Sarah s’est dit profondément attristé de l’état actuel de l’insalubrité grandissante de la capitale guinéenne. Face à cette situation qu’il qualifie de très préoccupante, il affirme que tout le monde est coupable.

« Lorsqu’on descend à l’aéroport, on est heureux de fouler le sol de notre pays. Mais lorsque vous partez de l’aéroport pour venir à votre résidence, ce qui attriste, c’est la ‘’SALETE’’. C’est comme si on a perdu le sens de la dignité», regrette le cardinal avant de continuer :« Quand un étranger vient pour voir notre ville, est ce qu’on aura pas honte ? J’ai même vu des gens qui laissent leurs poubelles au milieu de la rue, je n’ai vu un tel comportement dans aucune ville du monde ; alors qu’il n’y a pas longtemps, on a vécu une tragédie avec Ebola », s’indigne-t-il, avant d’ajouter : « Comment est-ce pensable que des hommes intelligents puissent se débarrasser de la saleté au milieu de la rue et ceux qui les voient aussi restent indifférents ? Nous sommes tous coupables. Ce n’est pas seulement celui qui amène la saleté dans la rue, mais aussi celui qui le voit et le laisse faire ; par conséquent, il empoissonne tout le monde. Naturellement, cette saleté physique représente peut-être la saleté intérieure, la saleté qui est dans notre cœur. Je pense qu’il y a un grand effort à faire là-dessus vraiment… Parce que sans moralité, sans discipline, il n’y a aucun progrès » martèle le cardinal Robert Sarah.

À rappeler que cet homme profondément spirituel a été appelé par le pape Jean Paul II à Rome en 2001, Benoit XVI l’a nommé cardinal en 2010 et François en a fait l’un de ses plus proches collaborateurs en le nommant à la tête de la prestigieuse Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.