La Coalition Citoyenne pour la Démocratie et la Stabilité en Afrique de l’Ouest (CDESA) a fermement condamné la tentative de coup d’État déjouée au Bénin le 7 décembre 2025, visant à renverser le président béninois démocratiquement élu, Patrice Talon. Dans une déclaration rendue publique ce vendredi, l’organisation régionale accuse directement le général nigérien Abdourahamane Tiani d’être l’instigateur de cette opération insurrectionnelle.

Selon la CDESA, les autorités béninoises, avec l’appui décisif des forces nigérianes, ont rapidement rétabli l’ordre et procédé à l’arrestation de 14 personnes impliquées dans cette tentative de putsch, qui aurait entraîné des pertes humaines jugées « inutiles et regrettables ».

Des accusations graves contre le chef de la junte nigérienne

La coalition affirme disposer d’« éléments crédibles » indiquant que le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir au Niger depuis le coup d’État de juillet 2023, aurait initié, soutenu et accompagné les mutins béninois. Une implication qui, selon elle, s’inscrit dans une stratégie plus large de déstabilisation régionale menée depuis Niamey.

Face à ces accusations, la CDESA exige « l’émission immédiate d’un mandat d’arrêt international » contre le général Tiani pour sa complicité présumée dans cette tentative de renversement du pouvoir béninois.

Un bilan sévèrement critiqué au Niger

Dans sa déclaration, la coalition dresse un tableau sombre de la situation au Niger depuis l’éviction du président Mohamed Bazoum. Elle rappelle que ce dernier est toujours détenu de manière extrajudiciaire, exprimant à son égard un « soutien indéfectible ».

Sous la gouvernance du général Tiani, le Niger ferait face, selon la CDESA, à une crise multidimensionnelle marquée notamment par :

des défauts répétés de paiement de la dette auprès de l’UEMOA, accentuant l’isolement économique du pays ; une dégradation sécuritaire sans précédent, caractérisée par l’expansion des milices et le recours à des groupes privés pour des missions régaliennes de défense ; des violations répétées des droits humains, incluant des atteintes à la liberté d’expression, à l’indépendance de la justice et à la liberté d’association ; une gouvernance socio-économique jugée défaillante, avec corruption, arriérés de salaires et de bourses, ainsi que le bradage des ressources stratégiques telles que le pétrole et l’uranium.

Appel à la CEDEAO, à l’Union africaine et à la communauté internationale

Dénonçant ce qu’elle qualifie de volonté du général Tiani de « farwestiser l’Afrique de l’Ouest », la CDESA appelle la CEDEAO, l’Union africaine et la communauté internationale à agir sans délai. Parmi ses principales revendications figurent l’arrestation du chef de la junte nigérienne pour haute trahison et atteinte à la sûreté des États du Niger et du Bénin, ainsi que la fin des remises en cause de l’ordre constitutionnel dans la sous-région.

La coalition exhorte également les partenaires internationaux à soutenir les peuples africains dans leur quête de paix, de stabilité et de développement, et à œuvrer à la restauration et à la sanctuarisation de la démocratie au Niger et en Afrique de l’Ouest.

« Il est temps d’y mettre un terme »

Pour la CDESA, l’Afrique de l’Ouest ne peut plus tolérer « ces parenthèses de misère, de désordre et de paupérisation » imposées par des juntes militaires aux populations. Elle estime que la faiblesse de la réaction internationale lors du coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger a contribué à renforcer l’audace et les ambitions du général Tiani.