Les associations de presse fustigent la décision prise par la Haute Autorité de la Communication sur la sanction infligées contre Mouctar Bah, correspondant de RFI en Guinée. Elles estiment que cette annulation de l’accréditation du confrère est exagérée et inexplicable dans la mesure qu’elle ne colle pas avec la réalité de l’acte présumé.

La réaction des associations de presse n’a pas tardé après la mise en demeure de RFI et l’annulation de l’accréditation de Mouctar Bah jusqu’en février 2019. Pour Cheick Sadibou N’Doye, responsable en charge de la communication de l’Union des Radios et télévisions Libres de Guinée, la Haute Autorité de la Communication a été sévère dans sa décision envers le confrère « La HAC  a été un peu dure dans sa prise de décisions, elle pouvait peut être adressée un avertissement à Mouctar. Si il est avéré que son reportage a porter atteinte, je ne dirai pas à la dignité de quelqu’un, mais a porter atteinte à une institution Républicaine qui n’est autre que l’armée guinéenne, je pense qu’il était normal dans un premier temps de le faire revenir à l’ordre, de lui rappeler et lui donner un avertissement » Tranche t-il .

Certes que Mouctar Bah a fait preuve d’empressement dans son papier avoue Moussa Iboun Conté surtout dans un climat délétère que traverse le pays, le président de l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante voit un dans la décision de la Hac. « Il faut reconnaitre que la Haute Autorité de la Communication a fait preuve d’excès dans sa décisions. Je crois qu’on a senti qu’il ya une sorte de sentiment de revanche qu’on voudrait prendre sur Mouctar Bah pour quelle raison, je ne le sais. Sinon, je crois qu’on aurait du l’envoyé un simple avertissement, le rendre public, relever son manque de professionnalisme dans la décision. Et je crois que cela pouvait faire plus mal que la dernière décision qui a constituée le palier final » Soutien le président de l’AGEPI

Pour sa part, le Syndicat des Professionnels de la Presse Privée de Guinée invite à travers cette décision rendue par l’organe de régulation des medias en Guinée à tirer des leçons sur ce cas spécifiques « L’affaire de Mouctar Bah doit attirer l’attention de toutes les associations de presse. Elles doivent toute se retrouver pour quand même essayer d’arrêter quelque chose(…) Nous, nous déplorons ce qui s’est passé car si, il n’est plus permis a un journaliste de citer les témoignages ça devient plus grave. Ou bien quel est le problème qui a poussé la HAC de retirer l’accréditation de Mouctar Bah qu’il y ait quand même de communication digne de nom. Parce que moi jusqu’à présent je ne vois pas d’explications réelles ou motifs réels qui ont poussé la Haute Autorité de la Communication de retirer l’accréditation de notre confrère » Déclare Sidi Diallo.

Pour rappel, le correspondant de RFI est sanctionné pour son reportage sur la mort de deux jeunes à Wanindara dans la banlieue de Conakry les 7 et 8 novembre lors de la journée ville morte appelée par l’opposition guinéenne diffusé sur les ondes de cette radio, ou Mouctar Bah a cité l’armée comme auteur de ces tueries selon les témoignages rapportés par les proches des victimes.