Le secrétaire général adjoint de l’Union General des Travailleurs de Guinée s’est présenté ce mardi devant le procureur de la république près le tribunal de première instance à Dixinn. Aboubacar Sidiki Marah passera sa première nuit en prison ce mercredi.

Il est accusé de présomption grave de manifestations illicites dans les extensions d’une société minière et portuaire selon les propres termes de son avocat. Mis sous mandat de dépôt après son audition, un procès contre ce syndicaliste dont la date n’est pas encore connue est désormais ouvert. En attendant que ces avocats se battent pour obtenir sa libération, Aboubacar Sidiki Marah restera en prison jusqu’à l’ouverture de son procès.

C’est vers 10 heures qu’Aboubacar Sidiki Marah à bord d’une RAV4 banalisée escorté par des gardes armées est arrivé au tribunal de première instance de Dixinn. Sitôt, il est introduit dans le bureau du procureur. A partir de cet instant, aucun accès n’a été autorisé dans la cours dudit tribunal. Les gardes ont empêchés toute personne voulant s’introduire.

Après près de 6 heures d’audition, Me Paul Yomba Kourouma l’un des avocats du prévenu a confirmé la détention de son client. « Oui! Monsieur Aboubacar Sidiki Marah, le prisonnier personnel de Monsieur le président de la République, Alpha Condé a effectivement vu sa détention confirmée telle qu’il a voulut et il a été arrêté dans les circonstances que toute l’humanité progressiste condamne, dénonce, flétrie, stigmatise et rejette,» s’est-il indigné.

Il dénonce de ce fait, une injustice totale envers son client : « Cet homme n’a commis aucune infraction à la loi. Il était dans l’exercice de ses activités syndicales. Celle-ci est intervenue à la suite d’une demande d’adhésion que lui-même a reçu et a notifié la désaffiliation à la Direction des sociétés mécontentes,» Bien qu’Aboubacar Sidiki Marah ait rejeté en bloc les charges qui pèsent contre lui, le procureur a requis l’ouverture d’une information judicaire.

Mis sous mandat de dépôt, il passera sa première nuit en prison ce mardi. Présente à l’audience la femme du prévenu n’a pas caché son inquiétude : « Mon mari va passer sa première nuit en prison du côté de la maison centrale. Alors, je me demande qu’est-ce qui va se passer, sur ceux, je vais attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale dessus. Il ne faudrait pas que quelque chose de mal lui arrive avant son procès,» prévient-elle.

Mariama Fodé Camara estime que des prisonniers qui avaient tenté auparavant d’assassiner son mari à Boké et qui ont été arrêtés par la suite, seraient différés bizarrement à Conakry à la maison centrale. Elle craint que ces gens ne viennent spécialement pour finir leurs sales besognes sachant que ce dernier également sera au même lieu.

Le syndicaliste Aboubacar Sidiki Marah a été arrêté dans la zone minière de Boké, le 6 mai dernier à 2 heures du matin.