Samedi 16 mai, vers 6H35 du matin, le patron de votre journal Le Défi, BAH Thierno Mamadou, a été victime d’une tentative d’enlèvement entre son domicile situé à Matoto et nos bureaux, sis depuis sept mois à Cosa, dans la Commune de Ratoma.
En effet, notre Directeur a été appelé très tôt le matin par un numéro orange (qu’il a déjà communiqué à certains confrères). Au bout du fil, une voix féminine qui lui annonce un incendie dans son bureau, rajoutant que les deux premiers étages sont en feu et que le troisième (où se situe nos bureaux) était lui aussi sur le point de prendre feu. Elle lui conseille donc de venir rapidement pour essayer de sauver le contenu avant que cela ne soit trop tard. Notre DP, dans la précipitation, prend sa voiture et sors en trombe pour aller sur place. Ne se doutant de rien, il sort seul et sans précaution. A quelques encablures de chez lui, il arrive à un niveau où il est impossible de rouler vite à cause des nids de poule. Trois hommes en civil lui obstruent davantage le chemin et font de l’auto-stop : « Envoyez-nous jusqu’au carrefour de Cosa, nous avons une urgence et on n’a pas encore trouvé de taxi ici ».
Le journaliste, connu pour être très alerte, baisse un petit peu une vitre pour pouvoir entendre. N’ayant pas cédé à la demande, deux des trois, ont donc tenté d’ouvrir la voiture de force mais toutes les portières étaient verrouillées. Le journaliste ayant tout de suite compris le danger, a filé malgré l’état de la route pour se sauver. Il a constaté, à partir de son rétroviseur, que les trois hommes avaient garé leurs motos, à côté, et s’y sont précipité pour le rattraper. Il est allé, en trombe, garer devant l’escadron de Gendarmerie, situé à quelques 400 mètres de là, à Cosa. Les assaillants, quant à eux, ont pris une autre direction.
Il a donc continué au siège du journal. Arrivé à quelques mètres des bureaux, RAS. Pas d’incendie, pas d’attroupement et rien d’anormal. C’est là que Bah Thierno Mamadou a compris la gravité de la situation et a fait le lien avec les trois hommes qui ont voulu monter dans son véhicule de force.
Notre journal, connu pour ses brûlots contre le pouvoir en place, avait eu plus ou moins d’accalmie ces derniers temps. Nos bureaux, jadis situés à Almamyah, dans le centre-ville de Kaloum, avaient été saccagés en 2012 par des hommes en uniforme de police. Aucune enquête n’avait suivi.
Bref, on ne peut plus compter les menaces, les attaques et les tentatives d’enlèvement dont notre Directeur est victime. Le Défi prend donc la presse guinéenne à témoins, ainsi que la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et tous les Guinéens épris de paix et de justice. Nous rendons responsables le président Alpha Condé et son pouvoir de tout ce qui arrivera à notre Groupe de Presse. Cependant, il faut que cela soit clair… et que ça serve : « Nous n’allons jamais baisser la garde, quelles que soient les menaces, quitte à l’un d’entre nous d’en devenir le Norbert Zongo de la Guinée. Nous mettons en garde le pouvoir, et au premier chef le fameux professeur de droit venant de la Sorbonne : Alpha Condé. Lui qui, comme un apprenti-sorcier, s’ingénie à traumatiser le Guinéen, en y instaurant un climat d’insécurité ambiant, avec ses milices, son escadron de la mort et toutes ses ouailles payées, par le contribuable guinéen, juste pour assouvir ses désirs machiavéliques »…
L’on rappellera, à la même occasion, que le député Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition, a été menacé d’enlèvement dans les mêmes circonstances. Thierno Aliou Diaouné a été assassiné également dans des circonstances analogues. Telles sont également les cas de plusieurs autres cadres comme Mamadou Alpha Diallo, professeur de statistiques, Madame Boiro, etc. Les cas sont légions. Et tout porte à croire que le décompte macabre est loin d’être terminée. Du moins tant que « le rebelle » est aux affaires. A chaque fois que des grands hommes et femmes de ce pays sont sauvagement assassinés, dans des circonstances troubles, le pouvoir se justifie en… trouvant des boucs-émissaires, accusant des bandits ordinaires, et mêmes de petits voleurs à la tire. Alors que la réalité est tout autre. Que cela ne trompe personne !
Source ledefiguinee











































