Le président sortant du Togo, Faure Gnassingbé, arrive en tête de la présidentielle, avec 62% des suffrages contre 32% à son principal adversaire Jean-Pierre Fabre, selon de premiers résultats partiels annoncés lundi par la commission électorale.

Ces résultats représentent environ 12% du nombre estimé de votants et concernent 934 bureaux de vote (sur 8.994 au total) dans six régions différentes dans le centre, le nord et le sud.

Les Togolais, qui fêtent lundi leurs 55 ans d'indépendance, avaient voté samedi pour élire leur prochain président, dans un pays gouverné par la famille Gnassingbé depuis 48 ans et où l'opposition, avec quatre candidats et un parti appelant au boycott du scrutin, partait très divisée.

Le camp de Jean-Pierre Fabre a déjà dénoncé lundi des "fraudes" et des "bourrages d'urnes". Les résultats partiels "proviennent essentiellement de CELI (Commissions électorales locales indépendantes) dont nous contestons les résultats", a déclaré le porte-parole de M. Fabre, Éric Dupuy.

Sa formation, CAP 2015 (Combat pour l'alternance politique, une coalition de plusieurs partis d'opposition), avait déployé "au moins un observateur dans chaque bureau, et dans la plupart deux observateurs", a indiqué M. Dupuy, demandant "l'arrêt de l'annonce des résultats partiels".

Quant au président Gnassingbé, il a salué, dans sa traditionnelle allocution télévisée de la fête de l'Indépendance, une élection au "climat serein et apaisé sur toute l'étendue du territoire" et félicité les Togolais pour leur "maturité politique". Il avait assisté dans la matinée à un défilé militaire sur une grande avenue de Lomé, où les forces de sécurité se faisaient par ailleurs discrètes.

"J'invite chaque Togolaise et chaque Togolais à accepter le verdict des urnes", a-t-il ajouté.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui centralise les données des CELI, n'a pas dit quand tomberaient les résultats finaux.

Le ministre de l'Administration territoriale, Gilbert Bawara, a indiqué ne pas voir "de raison que les résultats ne puissent pas être annoncés" lundi.

– 'Aucun incident majeur' –

Des milliers d'observateurs indépendants ont suivi l'élection samedi. L'Union africaine (UA), qui en avait déployé 43, a estimé lundi que "cette élection a permis au peuple togolais de choisir son président (…) librement et dans la transparence", dans un "climat d'apaisement" et une "volonté de recherche du consensus" dans "la préparation et le déroulement du vote".

Dimanche, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait dit n'avoir repéré "aucun incident majeur susceptible d'entacher l'intégrité du processus de vote", évoquant "des conditions acceptables de liberté et de transparence".

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