Le président sortant ghanéen Nana Akufo-Addo a été réélu dès le premier tour, selon des résultats provisoires annoncés ce mercredi soir à Accra par la Commission électorale. Le chef de l’État s’est imposé face à son rival John Dramani Mahama avec 51,59 % des voix contre 47,63 %.

Nana Akufo-Addo a été réélu ce mercredi 9 décembre face à son rival politique historique John Mahama, qu’il affrontait pour la troisième fois, à l’issu d’un scrutin extrêmement serré. Le chef de l’État, leader du Nouveau parti patriotique (NPP) remporte 51,59% des voix contre 47,36% pour le candidat de l’opposition du Congrès national démocratique (NDC), a annoncé Jean Adukwei Mensa, présidente de la Commission électorale dans une vidéo diffusée en direct sur les réseaux sociaux.

Il aura fallu 48 heures au lieu de 24 pour proclamer les résultats. La présidente de la Commission s’est d’ailleurs excusée pour l’angoisse que cette attente a pu susciter, rapporte notre envoyée spéciale à AccraChristina Okello. Même si le suspense aura duré jusqu’au bout, il n’y aura finalement pas eu de grande surprise. Les chiffres partiels diffusés dans les médias locaux donnaient déjà le président sortant Nana Akufo-Addo vainqueur mais l’opposition maintient qu’elle a remporté la majorité au Parlement avec 140 sièges sur 275.

Toujours dans le cadre des législatives, le parti au pouvoir a fait savoir qu’il allait contester les résultats dans deux des cinq régions les plus disputées. On s’attend donc à une bataille judiciaire devant la Cour suprême.

Nana Akufo-Addo rempile pour un deuxième mandat

Nana Akufo-Addo, qui rempile pour un deuxième et dernier mandat, est un ancien avocat de 76 ans, francophile, pur produit de l’aristocratie ghanéenne. Son père avait d’ailleurs été président avant lui, au début des années 1970, rappelle notre correspondante à AccraMarine Jeannin. Il y a vingt ans, Nana Akufo-Addo avait été ministre de la Justice, d’abord, puis des Affaires étrangères. A la tête du Nouveau parti patriotique (NPP), il s’était présenté à l’élection présidentielle de 2012. Il avait perdu face à John Mahama, avant d’obtenir sa revanche quatre ans plus tard.

Nana Akufo-Addo avait été élu sur la promesse de mettre fin à la corruption et de relancer la croissance alors en berne. Grâce à une politique de rigueur, il divise par deux le déficit du budget de l’Etat. Il investit aussi énormément dans les infrastructures et les hydrocarbures, il relance le secteur industriel et en quelques mois le Ghana devient l’un des dix pays au monde ayant la croissance la plus rapide.

Ces performances ont subi un coup d’arrêt cette année à cause de la pandémie de Covid-19. La croissance n’est plus que de 1% et le pays est lourdement endetté, à hauteur de 70% de son PIB. Le mandat de Nana Akufo-Addo a également été entaché par des scandales de corruption, avec la démission surprise le mois dernier du procureur anti-corruption Martin Amidu. Autant de défis avec lesquels il va falloir composer dans ce nouveau mandat.

RFI