Après avoir annoncé lundi 3 août qu’il quitterait l’Espagne, le roi émérite Juan Carlos a suscité des réactions très controversées, bien que son avocat assure qu’il ne cherche pas à échapper à la justice. Accusé de corruption, l’ancien chef d’État a pris cette décision pour « faciliter l’exercice des fonctions » de son fils, l’actuel monarque Philippe VI. Alors que beaucoup saluent sa décision, jugeant que sa présence en Espagne « salit » la monarchie, d’autres crient « honte ! ».

En février 1981, le roi Juan Carlos avait réussir à avorter une tentative de Coup d’État militaire et à préserver la démocratie. 39 ans plus tard, en fuyant son pays, il rend à « un autre grand service à l’Espagne »et« protège par ce biais l’institution monarchique », défend l’éditorialiste Luis Maria Anson, dont l’opinion résume parfaitement le sentiment majoritaire à Madrid.

Juan Carlos est accusé d’avoir des comptes bancaires frauduleux dans des paradis fiscaux, et cette situation est intenable pour son fils Philippe VI, l’actuel monarque. Il lui fallait donc partir impérativement, souligne le quotidien El Mundo. Même le journal monarchiste ABC, qui l’a toujours défendu, estime que son départ vers une destination inconnue, possiblement le Portugal, est « la seule solution » pour préserver le règne de Philippe VI, car sa présence le « salit ».

Applaudissements pour ce départ, donc, notamment auprès des principaux partis politiques. Mais, pour certains, notamment nationalistes et la gauche radicale, il s’agit d’« une honte ». « C’est une véritable fuite », souligne le quotidien eldiario.es, se faisant l’écho du chef de file de Podemos Pablo Iglesias, qui parle d’« une attitude indigne d’un ex-chef d’État ».

Soulagement d’un roi émérite trublion d’un côté, indignation pour sa lâcheté et son exil de l’autre. Et ce même si, les avocats de Juan Carlos ont précisé qu’il resterait disponible pour la justice.

RFI